EtudeL'impact de la crise sanitaire sur la qualité du travail

RTL Infos
Les différentes restrictions ne nous accompagnent pas seulement au quotidien, elles ont aussi des répercussions négatives sur notre évaluation de la vie professionnelle et sur notre bien-être.

Telle est la conclusion de l'étude "Quality of work Index Luxembourg", menée par la Chambre des salariés, en collaboration avec l'Université du Luxembourg et l'Infas, l'Institut de recherche sociale.

Il s'agit de la huitième édition de cette enquête et l'indice, qui mesure la qualité du travail, n'a jamais été aussi bas. Alors que l'indice atteignait ces dernières années entre 55,7 et 54,5 points sur 100, il est tombé à 53,5 en 2020.

La baisse est surtout constatée chez les jeunes salariés de 16 à 24 ans, chez les conducteurs d'engins, les monteurs, les professions élémentaires et les travailleurs à temps partiel.

Le monde du travail coupé en deux par la pandémie

On constate que les télétravailleurs conservent le même niveau dans l'évaluation de la qualité du travail, alors que cette dernière s'est dégradée chez ceux qui travaillent sur leur lieu de travail habituel.

Le psychologue du travail David Buechel:

"Il faut dire que notre enquête a montré qu'il y a deux mondes au niveau du travail maintenant pendant la pandémie. Il y a ceux qui peuvent faire du télétravail, parce que c'est techniquement possible, qui en sont relativement satisfaits et qui ne doivent pas craindre de grosses répercussions sur leur salaire. Mais ils sont quand même plus stressés et la charge mentale est plus grande, il y a aussi davantage de conflits vie/travail. A l'opposé, il y a tous ceux qui doivent travailler sur le terrain, dans des conditions difficiles, et ont aussi plus peur de contracter le virus."

Les éléments ayant un impact positif sur la qualité du travail évoluent à la baisse en ce moment. C'est notamment le cas pour l'autonomie au travail et la participation à la prise de décision. L'étude constate également qu'avec le télétravail et le port du masque, la collaboration entre collègues et le sentiment d'obtenir un retour sur son travail sont aussi en recul.

"La prochaine vague sera une vague de problèmes mentaux"

La peur de la maladie et l'isolement social sont deux choses qui ont un prix, affirme le psychologue du travail de la Chambre des salariés. Elles ont surtout un impact sur la santé mentale des travailleurs.

"Trois salariés sur dix présentent un risque modéré de développer une dépression. Un sur dix montre de forts signes de dépression. On voit donc que la prochaine vague, et cela, il n'y a pas que moi qui le dis, mais aussi d'autres experts, sera plutôt une vague de problèmes mentaux. Ce serait à éviter. Nous savons qu'il y a des vaccins contre le Covid-19, mais malheureusement, il n'y en a pas contre les problèmes mentaux et c'est pourquoi la prévention est si importante."

Il s'agit d'une situation alarmante et la Chambre des salariés souligne que les entretiens pour cette étude ont été réalisés entre juin et septembre. La situation ne s'est vraisemblablement pas améliorée dans les mois suivants. David Buechel affirme que les contacts sociaux sont aussi importants au travail, parce qu'ils aident à rebondir sur le reste.


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