
C'est désormais concret: l'Etat rachète des projets immobiliers du privé. Et cela pour éviter que les entrepreneurs construisent moins et que leurs salariés se retrouvent au chômage, mais aussi afin de donner à l'Etat davantage de logements, qui puissent être loués. Interrogé par RTL ce jeudi, le ministre du Logement, Henri Kox, a déclaré qu'un accord avait été trouvé entre l'Etat et les promoteurs, pour deux projets d'environ 90 unités de logement à Luxembourg-Ville et dans le sud du Luxembourg. Les contrats doivent encore être signés. Pour ces "ventes en l’état futur d’achèvement", c'est-à-dire des appartements sur plan, ou en d'autres mots, qui doivent encore être construits ou qui sont en cours de construction, l'Etat a mis 55 millions d'euros sur la table.
Interrogé, Henri Kox a répété qu'aucune plus-value ne serait versée, mais dans le même souffle, il a également déclaré que les promoteurs ne vendraient pas "à perte". Il a toutefois insisté sur le fait que le prix d'achat était inférieur au prix du marché. Les experts des ministères du Logement et des Finances auraient analysé l'évolution des prix du terrain et déterminé quelle plus-value serait acceptable avec l'argent public. Selon le ministre, les entreprises ne pourraient pas fonctionner avec des pertes. Mais en quelque sorte épurées de toute spéculation et à des prix raisonnables que les gens pourront alors se permettre. Six autres projets, avec à nouveau quelque 90 unités, seraient déjà avisés. Là aussi, 55 millions ont été proposés, mais les promoteurs n'auraient pas encore donné leur accord.
Comme nous l'écrivions jeudi matin, il y a de plus en plus de logements déjà construits qui sont à vendre, mais qui ne trouveraient pas acquéreurs. A ce propos, le ministre du logement a indiqué qu'il serait également possible de les vendre à l'État, mais tout comme pour les projets qui ne sont pas encore terminés, ces logements devraient répondre aux critères et aux prix des logements abordables, qui figurent dans le cahier des charges du ministère du Logement.
Pour sa part, la Chambre immobilière a critiqué le fait que ces projets que réalise l'Etat, ne sont qu'une goutte d'eau dans l'océan et qu'il serait préférable qu'un investisseur achète 1.500 à 2.000 unités. Henri Kox a répondu que son ministère serait en train d'élaborer un "paquet global". Les investissements publics seraient plus élevés que jamais. Rien que dans la construction, 5 % de logements abordables supplémentaires auraient été créés, alors que la population a augmenté de 2 %. En plus, il y aurait encore la stratégie de rénovation, qui serait un avantage pour les entreprises. Et pour le ministre, l'aide individuelle et l'accès à la propriété seraient importants, et il serait ravi si l'avis du Conseil d'État à ce sujet arrivait rapidement.
Des incitations pour stimuler davantage l'investissement privé, comme par exemple, l'amortissement accéléré avant sa réforme ou encore un enregistrement sur plan, restent exclues pour Henri Kox. Tout comme la ministre des Finances, Yuriko Backes, il a expliqué que ces mesures n'ont pas contribué au fil des années à faire baisser les prix.
Le reportage de RTL en luxembourgeois: