Aujourd'hui, c'est la braderieLes travaux du tram interrompus dans la capitale

RTL Infos
La 90e édition de la grande braderie a lieu ce lundi 2 septembre dans les rues de la capitale. Bonnes affaires en vue.

En 90 ans, le visage de Luxembourg a évidemment beaucoup changé et son commerce encore plus sans doute. Mais ce qui ne change pas, ce sont les traditions et la braderie - immuablement organisée le premier lundi de septembre - est une de ces traditions populaires tenaces.

Il faut se souvenir que c'est dans le contexte de la crise de 1929 qu'a été lancée la première braderie par la jeune Union commerciale créée en 1906. Si l'actualité n'est pas du tout comparable, on mesure à quel point cette date reste importante pour les commerçants qui réalisent ce jour-là une partie considérable de leur chiffre d'affaires.

Ce lundi 2 septembre, de 8h à 19h, l'Union commerciale de la ville de Luxembourg (UCVL) ne faillira donc pas à la tradition et les rues de la capitales seront couvertes de stands divers et variés où faire de bonnes affaires. En tout, ce sont 360 stands qui représentent 2.101 mètres linéaires où les commerçants du centre-ville, de la gare, des autres quartiers, voire du pays et de la région.

"C'est un véritable puzzle pour caser tout le monde", explique Anne Darin, directrice de l'UCVL qui détaille que les commerçants paye les emplacements en fonction du quartier et de l'espace demandé, par exemple 450 euros pour 4m en centre-ville (300 euros pour les membres de l'UCVL), des prix inchangés depuis plusieurs années.

Pour cette édition anniversaire, l'UCVL a mis les bouchées doubles avec de nombreuses animations pour toute la famille, autour de la thématique des années 1920: une gazette, une guinguette, des danseurs, un DJ rétro, des photos en noir et blanc.

L'accent est notamment mis sur le quartier de la gare, qui soufre des travaux du tram et que les responsables de la Ville veulent valoriser, avec un tapis rouge tout au long de l'avenue de la Liberté, des food trucks place de Paris et des jeux pour enfants rue Origer.

Le centre-ville n'est évidemment pas en reste avec un village de créateurs luxembourgeois installé sur la place d’Armes, des animations musicales ou la distribution du gâteau d’anniversaire à 10h30.

COMMENT S'Y RENDRE?

Si comme chaque année entre 150.000 et 200.000 personnes sont attendues, la question de l'accessibilité est cruciale. "Il est faut de dire que la ville n'est pas accessible", martèle Serge Wilmes, le premier échevin (CSV). Les services de la Ville font des efforts en la matière: les bus sont gratuits (samedi et dimanche aussi), et les lignes sont réorganisées pour s'adapter aux emplacements de la braderie.

Outre les P&R de périphérie, les parkings Place de l'Europe (Kirchberg) et Fort Wedell (gare) seront gratuit toute la journée. Les 250 premiers clients du parking Hamilius bénéficieront aussi de la gratuité de la journée. Bien évidemment les emplacements pour vélo et les Vél'OH sont toujours accessibles. En revanche le parking Fort Neiperg "a encore besoin de quelques semaines pour finir les travaux et sera encore fermé" comme l'explique Patrick Goldschmidt, échevin à la mobilité (DP). Le parking Schuman est également fermé pendant toute la durée de la Schueberfouer.

"Luxtram a fait un gros effort en interrompant le chantier le jour de la braderie pour que les commerces de l'avenue de la Liberté puisse avoir des stands devant chez eux", se réjouit Anne Darin.

LA VILLE SE PENCHE SUR LE COMMERCE

L'engouement pour la braderie n'empêche pas de réfléchir à la situation du commerce en ville qui connaît une période difficile. Les changements d'habitude de consommation (achats en ligne, centres commerciaux) sont notamment pointées du doigt par Serge Wilmes qui note que, selon le Statec, trois quarts des moins de 25 ans font leurs achats en ligne. "Les commerçants se doivent de réfléchir à leur offre, de développer de nouveaux concepts et de créer de l'expérience", estime-t-il en saluant les initiatives qui mêlent un café à un magasin de vêtements, par exemple.

De leur côté, les autorités de la Ville se sont toujours refusées à un interventionnisme auprès des propriétaires pour valoriser tel ou tel type de commerces ou de commerçants. Le volontarisme affiché du Premier échevin - qui est l'auteur d'une proposition de loi pour que les communes puissent préempter le locaux commerciaux vides, restée sans suite depuis deux ans - se heurte ici à la doctrine libérale du laisser-faire le marché.

La Ville veut aussi miser sur les commerces de proximité dans les quartiers et a commandé une étude qualitative sur les flux et le comportement des acheteurs qui sera présentée à l'automne.

Sans doute les quartiers, Bonnevoie et Limpertsberg notamment, vont voir leurs commerces se développer. Bien malin qui peut dire comment sera la braderie dans 90 ans.

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