
L'année dernière, la compagnie aérienne Luxair a battu son propre record pré-pandémie de 2019 et transporté plus de 2,5 millions de passagers. Il en est "très fier", a affirmé lundi sur RTL Gilles Feith, le directeur général de Luxair. Les clients ont "retrouvé confiance et aiment voyager". Les voyages d'affaires n'ont toutefois pas encore retrouvé leur niveau d'avant pandémie. Certaines sociétés font plus de voyages qu'avant, d'autres en revanche, beaucoup moins. Luxair S.A. va sortir du rouge et "un petit bénéfice" est espéré, selon Gilles Feith.
Luxair poursuit sa croissance. En décembre, la compagnie a transporté 50% de passagers en plus par rapport à 2019. Les habitants de la Grande Région sont de plus en plus nombreux à avoir recours à Luxair et "34% de l'ensemble de la clientèle de Luxair Tours vient de France". Mais en ces temps de changement climatique, une question se pose: quand s'arrêtera la croissance?. La compagnie aérienne luxembourgeoise compte actuellement 21 appareils et elle voudrait continuer à en acheter. Cela ne fait pas augmenter les frais fixes, mais rentrer des recettes supplémentaires. Il faut aussi proposer "une bonne offre, pour être adapté à la demande". Gilles Feith considère que la limite maximale sera 30 avions. Luxair ne souhaite pas non plus perdre davantage de parts de marché à l'aéroport. Un frein a été mis à cette tendance il y a deux ans et la compagnie veut rester à 50%.
Luxair n'augmentera pas le nombre de ses vols vers Paris à l'occasion des Jeux Olympiques. "90% des clients ne volent pas avec Luxair pour se rendre à Paris même, mais en transit vers une autre destination". En ce qui concerne l'interdiction européenne des vols courte distance, Gilles Feith, trouve que c'est une mauvaise idée, particulièrement pour le Luxembourg. Tous les trajets courts, à savoir vers Amsterdam, Francfort, Paris ou Munich, sont utilisés pour des transits vers d'autres destinations. "S'ils sont supprimés, Luxembourg ne sera plus connecté avec le monde."
L'an dernier, Luxair a décidé de ne plus participer à l'appel d'offres pour la gestion de la manutention du fret au Findel. Il y a plusieurs raisons à cela. Des pertes sont advenues dans le secteur du fret aérien, "2 à 3 millions d'euros en 2023, qu'il faut à présent digérer". En outre, il s'agit d'un "secteur très concurrentiel" et tout le Cargo center doit être rénové. Le directeur estime les investissements nécessaires à 300 millions d'euros. Cet argent doit venir de quelque-part et Luxair a aussi dû investir dans sa flotte. "Les deux, ce n'était simplement pas supportable".
En 2024, des négociations auront lieu chez Luxair en vue d'une nouvelle convention collective. La compagnie emploie actuellement environ 3.000 salariés. Visant les syndicats, Gilles Feith a indiqué qu'il faut rester "raisonnable" précisément maintenant. Nous voulons maintenir le modèle Luxair et continuer à proposer au personnel le meilleur modèle social, par rapport à tous les avions qui atterrissent au Findel. En même temps, on ne peut pas augmenter encore les prix des billets. De plus, il ne faut pas oublier qu'en 2023, à cause de l'index, la compagnie a déjà payé 7,5% de salaires en plus et que cela va continuer cette année. Il faut aussi veiller à la rentabilité. C'est pourquoi "les syndicats doivent adapter leurs attentes à la réalité", selon Gilles Feith.