
Maître Daniel Baulisch représente la famille dont la grand-mère est décédée des suites de l’accident de la route survenu le 25 janvier à Huldange. La famille se trouve actuellement dans un profond chagrin, selon l’avocat, qui se dit choqué par l’accident lui-même ainsi que par ce qui s’est passé ensuite : les secours ont été envoyés au mauvais endroit.
Il est également irrité par les déclarations du directeur général du CGDIS début février. Ce dernier aurait mieux fait d’attendre jusqu’à ce que l’enquête en cours soit terminée, avant de s’exprimer sur l’affaire interne au CGDIS, selon l’avocat.
Selon les informations dont dispose Maître Baulisch, la victime, qui est décédée plus tard à l’hôpital, a été fauchée sur un passage piéton. Le choc l’a projetée contre sa petite-fille, qui a été grièvement blessée aux jambes.
Le conducteur de la voiture en cause ne s’est toutefois pas arrêté immédiatement, mais a poursuivi son chemin, selon l’enquête. Dans ce cas, l’avocat ne veut toutefois pas parler directement de délit de fuite, car l’automobiliste est revenu sur les lieux peu après. Et cependant, ce n’est pas une manière correcte de procéder. “Si je blesse quelqu’un ou si, comme ici, je renverse carrément quelqu’un sur le passage pour piétons, il est alors très clair que je dois rester sur place et porter secours.” Et ce ne fut apparemment pas le cas, d’après Maître Baulisch.
Ce n’est pas seulement l’accident que la famille a du mal à accepter, dit leur représentant légal, il y a aussi toute l’affaire qui a suivi. À cause d’une erreur humaine d’un opérateur au numéro d’appel d’urgence, l’ambulance a été envoyée près du mauvais centre commercial. Et cela, au moment où deux personnes grièvement blessées avaient besoin d’une aide urgente, d’après l’avocat. Selon l’enquête interne du CGDIS, l’opérateur au 112 ignorait qu’il y avait deux magasins Knauf au Luxembourg, l’un à Pommerloch, l’autre à Huldange, où a eu lieu l’accident.
C’est seulement quand l’équipe d’intervention sur le terrain a remarqué qu’il n’y avait pas eu d’accident à Pommerloch, qu’une deuxième équipe a été envoyée à Huldange cette fois. À cause de cette méprise, 16 minutes ont été perdues: les secours auraient pu arriver sur place 16 minutes plus tôt.

Le fait que le directeur général du CGDIS, Paul Schroeder, veuille directement classer l’affaire, renoncer à d’éventuelles conséquences internes et rattraper cela par de “meilleures formations”, est une mauvaise décision pour l’avocat. “Dans ce cas, il existe un risque que des conséquences pénales et civiles atteignent le CGDIS. Et c’est pour cela que je ne comprends pas l’attitude de ce service public, qui minimise ainsi les choses et envoie balader les gens.”
L’avocat critique la réaction du directeur général du CGDIS, qui semble indiquer qu’il n’y aura pas de conséquences internes. Selon lui, le fait qu’il va désormais mieux former ses hommes, “c’est bien beau, mais c’est quand même un mauvais message lorsqu’une erreur se produit, qui n’aurait pas dû se produire”. Maître Baulisch ne trouve pas sérieux que cette affaire soit balayée si tôt, sans attendre l’enquête ou une instruction.
L’avocat attendait plutôt du directeur général qu’il ne commente pas davantage cet incident tragique avant que l’enquête judiciaire, qui n’en est qu’à ses débuts, ne soit terminée. Car “il est clair que la justice ne peut pas ainsi classer simplement cette affaire, que cette affaire doit être investiguée et que des poursuites pénales contre le CGDIS pourraient également s’ensuivre”.
Le représentant légal de la famille de la victime ne peut pas dire pour l’instant si la famille va porter plainte contre le CGDIS. Mais elle va se porter partie civile dans cette affaire, afin de pouvoir avoir accès au dossier et découvrir ainsi comment a pu survenir ce tragique accident avec toutes ses conséquences. “Les gens ont le droit de savoir: que s’est-il passé? Qu’est ce qui a été de travers? Et ensuite nous envisagerons les conséquences”, a indiqué Maître Daniel Baulisch dans une interview à RTL.