Depuis sa légalisationLes résidents luxembourgeois fument-ils davantage de cannabis ?

RTL Infos
Au Luxembourg, le Département de médecine légale analyse les eaux usées pour détecter la présence de médicaments depuis janvier 2023. Et ses premiers résultats provisoires sont arrivés cette semaine.

Vendredi et samedi s'est tenu la conférence de printemps de la société allemande de médecine légale aux Laboratoires nationaux de santé (LNS) à Dudelange. Il s’agit d’une première pour la Médecine Légale Luxembourgeoise, qui fête cette année son 10e anniversaire.

La médecine légale luxembourgeoise comprend également le Département de chimie analytique, qui analyse les eaux usées à la recherche de traces de médicaments au Luxembourg depuis janvier 2023. Elle a présenté ses premiers résultats provisoires.
 
L'objectif est de savoir si la consommation de cannabis récréatif par les Luxembourgeois a augmenté à la suite de sa légalisation en juillet 2023. Ainsi, des échantillons ont été régulièrement prélevés dans les trois stations d'épuration de Bivange, Beringen et Mamer, explique Serge Schneider, responsable du département de chimie analytique.

"Nous récupérons un litre d'eau de ces plantes une fois par semaine et nous le mesurons pour un certain nombre de drogues, notamment le cannabis. Les premiers résultats préliminaires ne montrent pas de grandes différences" dit-il.

Le Luxembourg parmi les 20 premiers consommateurs

Si la consommation n’a pas augmenté de manière significative, les Luxembourgeois fument encore beaucoup. Le Grand-Duché figure dans le top 20 au niveau européen.

"Nous avons trouvé du cannabis dans les 150 analyses réalisées l'année dernière. Et de la cocaïne aussi d'ailleurs. Nous sommes certes parmi les premiers consommateurs de cannabis, mais d'autres pays européens sont confrontés à des problèmes similaires", relativise Serge Schneider.

La drogue dure, le fentanyl, n'a pas encore été trouvée au Grand-Duché, mais ce n'est peut-être qu'une question de temps...

© Anne Wolff

Comment les taux sont-ils mesurés ?

Pour chaque analyse, le laboratoire a besoin d'environ 100 millilitres d'eaux usées. La teneur en cannabis dans l’eau est mesurée en nanogrammes par litre, puis extrapolée en milligrammes pour mille personnes et par jour.

Les résultats sont provisoires, il faudra plus d’analyses et plus de temps pour qu'ils soient définitifs. Il existe également des incertitudes qui influencent les résultats, comme la météo, le nombre de personnes raccordées aux stations d'épuration, la stabilité des médicaments dans l'eau et le grand nombre de travailleurs frontaliers.

Néanmoins, l'équipe de Serge Schneider peut comparer la consommation dans le temps et avec d'autres pays. L’échantillon a été élargi pour inclure deux autres stations d’épuration des eaux usées du pays.

En ce qui concerne la propreté de l’eau, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Les stations d'épuration filtrent minutieusement ces résidus, assure Serge Schneider.

© Anne Wolff

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