En EuropeLes prisons luxembourgeoises parmi les moins remplies

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Douze pays, dont la France et la Belgique, comptent plus de détenus que de places disponibles dans leurs prisons. Le Luxembourg fait partie des bons élèves, mais a la plus forte proportion de ressortissants étrangers.
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La surpopulation carcérale continue d’être "un sérieux problème chronique" dans un grand nombre d’administrations pénitentiaires en Europe, selon les nouvelles statistiques 2023 publiées ce jeudi par le Conseil de l’Europe. Elle révèlent qu'au 31 janvier 2023, 1.036.680 personnes étaient détenues dans les prisons européennes.

Chypre (166%), Roumanie (120%) et France (119%) présentent les taux de surpopulation carcérale les plus importants en Europe, et leurs chiffres se sont aggravés depuis la fin de la crise du Covid-19.

Selon l'institution, douze pays européens présentaient en janvier 2023 une densité carcérale supérieure ou égale à 100% : derrière les trois premiers nommés viennent la Belgique (115%), la Hongrie (112%), l'Italie (109%), la Slovénie (107%), la Grèce (103%), la Suède (102%), la Macédoine du Nord (101%), la Croatie (101%) et la Turquie (100%).

Des pays comme l'Espagne (62%), le Luxembourg (71%) ou l'Allemagne (78%) font figure de bons élèves. Les meilleurs chiffres sont enregistrés parmi les plus petits pays membres du Conseil de l'Europe que sont Monaco (27%), le Liechtenstein (30%) et Andorre (41%).

Près d’un tiers des personnes détenues dans les établissements carcéraux européens étaient en détention provisoire. La plus forte proportion de personnes en détention provisoire se trouvait en Albanie (55 %), Arménie (53 %) et au Luxembourg (49 %).

Le Luxembourg se distingue par le fait que ses prisons comptent la plus forte proportion de ressortissants étrangers (78 %) en Europe. Il est suivi par la Suisse (71 %) et la Grèce (57 %). Tandis qu'en moyenne, les établissements carcéraux en Europe dénombrent 27 % de détenus étrangers.

Les raisons principales des incarcérations

Les faits de violence et liés à la drogue représentent plus de la moitié des principales infractions pour lesquelles les détenus européens purgent des peines.

Les infractions liées à la drogue sont les plus fréquentes (19 % de la population condamnée), suivies des homicides et des tentatives d'homicide (13 %), des vols simples (12 %), des infractions sexuelles (8,9 %), des vols aggravés (7,7 %) et des coups et blessures (6,7 %).

Et la densité carcérale continue d'augmenter sur le continent : elle est passée de 91,7% à 93,5% en moyenne entre janvier 2022 et janvier 2023 dans les 45 pays membres de l'institution sur lesquels porte l'étude (seule la Bosnie-Herzégovine n'a pas communiqué ses données).

En janvier 2020, juste avant la crise liée à la pandémie de Covid-19, la Turquie (127%), l'Italie (120%), la Belgique (117%) Chypre (116%) et la France (116%) présentaient les plus fortes densités carcérales d'Europe.

La crise sanitaire a amené divers gouvernements à faciliter les conditions de sortie des détenus pour limiter la propagation du virus dans les prisons.

Peu de femmes emprisonnées

C'est en Turquie que le taux de population carcérale est le plus élevé, avec 408 détenus pour 100.000 habitants, suivie de la Géorgie (256) et de l'Azerbaïdjan (244). La Hongrie (211), la Pologne (194) et la Slovaquie (183) sont les trois premiers pays membres de l'UE de ce classement.

En moyenne, les femmes représentent 5,2% de la population carcérale en Europe, avec des variations allant de 11,5% en Andorre, à 7,2% au Portugal, 3,2% en France, et 0% à Monaco.

Le Conseil de l'Europe est une institution internationale siégeant à Strasbourg qui réunit les 46 Etats signataires de la Convention européenne des droits de l'Homme.

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