
Après l'interpellation du député Paul Galles (CSV), la ministre de l'Intégration Corinne Cahen (DP) est intervenue ce jeudi au Parlement réuni au Cercle municipal. Les différents partis ont pu présenter leurs très nombreuses idées. Le CNE, Conseil national pour étrangers, ainsi que sa mission étaient au cœur des débats. Les députés se sont également posé la question si le terme "intégration" était encore approprié.
Les débats ont duré un peu moins de cinq heures afin d'essayer de définir le look de la société réunissant au Luxembourg des citoyens de différentes nationalités. Pour Paul Galles, l'instigateur du sujet, il ne s'agit pas d'étrangers qui doivent s'intégrer dans une société "luxembourgeoise" et parle plutôt d'une société unique, globale, colorée et multiforme à laquelle nous appartenons tous.
Pour Fred Keup (ADR), le terme "intégration" a bien une connotation positive. La multiculturalité serait, selon lui, à l'opposé en définissant plutôt une séparation. Il explique que ce sont les étrangers qui rendent le processus compliqué alors que les Luxembourgeois les accueillent avec jovialité, il est d'avis que l'on peut être en attente d'un petit effort de leur part pour s'adapter, s'intégrer.
Ce à quoi la ministre de l'Intégration rétorque: "monsieur Keup, vous faites référence à l’assimilation, les gens viennent ici alors ils doivent s'adapter. Alors qu'il faudrait qu'ils apprennent à nous connaître et vice versa".
Tous les députés souhaitent réellement un meilleur vivre-ensemble au Luxembourg mais l'arrivée de plus de 23.000 personnes chaque année dans le pays pour diverses raisons complique la situation. Leur inscription à la commune devrait être plus qu'un acte administratif, selon Charles Marque (déi Gréng). Alors que les associations et l’État font tout ce qui est en leur pouvoir afin de venir en aide à ces personnes, une instance a encore du mal à avancer: le Conseil national des étrangers.
Corinne Cahen explique "qu'il s'agit d'une histoire compliquée pour moi. Depuis que je suis à mon poste, le CNE n'a jamais correctement fonctionné".
Les 34 membres du CNE, qui fonctionne entre les communes et l’État, doivent s'occuper des problématiques concernant les étrangers. Le CSV propose de professionnaliser le CNE comme une chambre des métiers, le LSAP est plutôt d'avis qu'il faut plutôt le réduire. Le gouvernement souhaite d'abord redéfinir ses missions. Une chose est sure: il est nécessaire de réformer ce fameux CNE.
Pour David Wagner (déi Lénk) "vivre ensemble, c'est également décider ensemble", le député propose également de supprimer l'obligation de domiciliation durant une période de cinq années en matière de droit électoral pour les communales.
Le souhait d'une amélioration de l'intégration est bien présent, le cadre légal pas encore tout à fait.