
Il s'agira de ne pas relancer l'économie en abandonnant les acquis atteints dans les questions environnementales.
Dans un document publié à la fin de la semaine dernière, le Mouvement Ecologique tente d'inciter les politiques et les citoyens à s'engager de manière aussi forte et solidaire en faveur de la défense du climat, qu'ils sont en train de le faire dans la lutte contre l'épidémie.
“Repenser et restructurer l'avenir ensemble! Si on ne le fait pas maintenant, quand alors?”, c'est le titre du document de Mouveco. On voit que des interventions profondes dans la vie des citoyens sont possibles, de telles mesures sont prises en cette période. La politique peut donc bien mobiliser des mesures drastiques, que soutient la population. Pourquoi pas alors aussi dans la lutte pour la protection du climat et le maintien de la biodiversité, où on n'a pas besoin d'un lockdown pour parvenir à quelque-chose, selon Blanche Weber, la présidente du Mouvement Ecologique.
"On parle, on parle, on parle, on discute et ensuite, il ne se passe rien. Nous ne voulons évidemment pas que la crise du climat et de la biodiversité soit abordée avec des mesures aussi draconiennes que celles décrétées jusqu'à présent, mais quand même. Nous remarquons que quand la politique décide, il y a une certaine acceptation de la population."
Les hommes et les femmes politiques se dissimulent toujours derrière l'explication que “les décisions pénibles sont sanctionnées par les électrices et les électeurs”. La gestion de la crise du coronavirus montre qu'il n'en va pas nécessairement ainsi. Dans la crise sanitaire actuelle, on écoute la science et les faits, pourquoi pas pour la protection du climat.
"Dans la crise du climat et de la biodiversité, la science est bien plus sûre de ce qui va arriver si on ne réagit pas. Ok, là, nous n'écoutons pas encore la science. Nous espérons que cela va arriver."
Les conséquences de la crise du coronavirus sont immédiatement perceptibles, il y a le sentiment de quelque-chose de grave. Le changement climatique est un processus insidieux, qui n'est pas encore perceptible ou à peine, mais qui aura des effets dévastateurs dans le futur. C'est précisément cette différence qui conduit à ce que la lutte contre la crise climatique n'arrive pas vraiment à décoller.
"Depuis des années, des scientifiques disent que quelque-chose comme le coronavirus va éclater. Il est à présent prouvé que la perte de biodiversité favorise de telles pandémies. Favorise et met en évidence. Si nous continuons ainsi, le coronavirus ne sera pas la dernière pandémie déclenchée ainsi. Si le permafrost fond à cause des changements climatiques, nous savons qu'il faudra compter avec des pandémies."
Le Mouvement Ecologique met aussi en garde contre une relance qui balancerait par-dessus bord les acquis atteints dans les questions environnementales.
"C'est parfois une réaction des industries, qui ne veulent pas être orientées vers l'avenir. Nous savons que l'industrie automobile dit déjà qu'elle ne veut pas respecter les valeurs limites de CO2, parce qu'elle veut relancer le marché. Aux Etats-Unis, les lois environnementales ont été suspendues."
Il est temps de préserver pour l'avenir les valeurs apprises dans cette crise sanitaire - agir vite et se montrer solidaire - et de les appliquer aussi dans la lutte pour la préservation du climat et de la biodiversité.