Dans l’émission "Dir hutt d'Wuert" lundi matin sur RTL, les auditeurs ont partagé leurs expériences et leurs questions, tandis que Sarah Juchems et Fenn Faber de la Klima-Agence ont expliqué comment se protéger des températures élevées chez soi.
Ils ont d’abord souligné qu’il est important de constater que chacun ressent la chaleur différemment et qu’elle n’affecte pas tout le monde de la même manière. "Si je vis effectivement à la campagne et que j’ai de beaux espaces verts autour de ma maison, la situation est différente que si j'habite à Luxembourg-ville dans un appartement sous les toits", explique Fenn Faber.
La recommandation la plus importante est d'empêcher la chaleur d’entrer dans le logement. Les volets roulants, stores ou autres dispositifs d’ombrage doivent être fermés dès que le soleil frappe les fenêtres. Il convient d’aérer uniquement lorsque la température extérieure est plus basse qu’à l’intérieur, généralement tôt le matin ou le soir. Même des gestes simples, comme éviter de faire fonctionner inutilement le four ou d’autres appareils électriques, contribuent à ne pas réchauffer davantage le logement.
Une bonne isolation ne protège pas seulement contre le froid en hiver, elle aide également à maintenir la chaleur à l’extérieur plus longtemps en été, explique Sarah Juchems. Dans le cadre du programme actuel de subventions du ministère de l’Environnement, le Klimabonus, les matériaux d’isolation sont notamment financés. "Pour ce type de travaux, les aides peuvent atteindre au total entre 40 et 140 euros par mètre carré, par exemple pour l’isolation de ma façade ou de mon toit, selon le matériau utilisé et l’épaisseur de l’isolation. En outre, une prime supplémentaire de 15 euros par mètre carré est accordée si j'opte pour la végétalisation d’une façade ou d’un toit."
De nombreux auditeurs ont exprimé leurs inquiétudes concernant la situation dans les écoles, les maisons de retraite et de soins, les hôpitaux ainsi que les ateliers protégés. Ils ont notamment posé des questions sur la nécessité de mieux concevoir les nouveaux bâtiments afin de faire face à la chaleur et sur les moyens de protéger les personnes particulièrement vulnérables. Fenn Faber, de la Klima-Agence, souligne que, dans ce type de bâtiments, les mesures classiques telles que l’ombrage et la ventilation nocturne ne suffisent souvent plus. Dans certains cas, il faudrait également envisager l’installation de systèmes de climatisation, idéalement en combinaison avec des panneaux photovoltaïques afin de compenser la consommation d’électricité. Parallèlement, il est important de concevoir intelligemment les nouveaux bâtiments dès le départ, avec une bonne isolation, des systèmes de ventilation efficaces et une végétalisation importante autour de l'immeuble, afin de réduire autant que possible les effets de la chaleur.
De nombreuses questions ont également porté sur les systèmes de climatisation. Ceux-ci permettent certes de rafraîchir l’air, mais ils consomment beaucoup d’électricité. Les appareils mobiles sont particulièrement énergivores et consomment près de trois à quatre fois plus d’électricité qu’un climatiseur fixe. Ils sont donc surtout utiles pour rafraîchir temporairement une seule pièce. Lorsqu’une climatisation fixe est installée, la Klima-Agence recommande de la combiner avec une installation photovoltaïque afin de compenser sa consommation électrique.
Des ventilateurs peuvent procurer une sensation de fraîcheur plus agréable, mais ils ne réduisent pas la température de la pièce. "Pour donner simplement un exemple concret : si, pendant une semaine, je refroidis trois pièces de mon logement à l’aide d’un appareil mobile, la consommation d’électricité correspond à peu près à celle d’un réfrigérateur sur une année entière. Simplement pour donner un ordre de grandeur."
Outre les appartements et les maisons privés, la question s’est aussi posée de savoir comment les villes et les localités en général pourraient, à l’avenir, mieux s’adapter à la chaleur. Sarah Juchems et Fenn Faber, de la Klima-Agence, plaident pour une approche fondée davantage sur une planification intelligente, la végétalisation et la débitumation des sols.
Les jardins de gravier ont également été abordés au cours de l’émission. Plusieurs auditeurs se sont demandé pourquoi cette forme d’aménagement des jardins devant les maisons est encore autorisée. Fenn Faber explique que les pierres emmagasinent fortement la chaleur et peuvent atteindre des températures de 40 à 50 °C juste devant les habitations. Cela contribue non seulement à réchauffer l’environnement immédiat, mais aussi à accélérer l’échauffement du bâtiment lui-même.
Comme alternative, la Klima-Agence recommande des jardins végétalisés, ainsi que la végétalisation des façades et des toitures. Les plantes contribuent à faire baisser les températures grâce à l’ombre qu’elles procurent et à l’évaporation de l’eau, tout en améliorant le bien-être autour de l’habitation. Le nouveau règlement national sur les constructions prévoit d’ailleurs que les jardins de gravier ne devraient plus être autorisés à l’avenir. Certaines communes ont déjà introduit de telles dispositions ou accompagnent activement leurs citoyens dans la transformation de leurs jardins.
Pour les personnes qui ne savent pas comment mieux protéger leur logement contre la chaleur, la Klima-Agence propose par ailleurs un service de conseils gratuits à domicile. Cette démarche permet d’identifier les mesures les plus adaptées à chaque situation et de déterminer quelles aides publiques peuvent être sollicitées.