L'ASBL "Citizens for Ecological Learning & Living" (CELL) a présenté il y a quelques jours son scénario pour la transition énergétique du Luxembourg. Il ne s’agit pas seulement de développer les énergies renouvelables, mais aussi d’adopter un usage plus conscient de l’énergie.
Les responsables de CELL estiment, d'après leurs calculs, que la consommation d’énergie au Luxembourg pourrait diminuer de près de 70 % d’ici 2050 et que les émissions de CO₂ pourraient être presque entièrement réduites. Selon l’organisation environnementale, la clé pour y parvenir ne réside pas uniquement dans les énergies renouvelables, mais également dans la sobriété énergétique et des changements dans les habitudes de consommation. Yves Marignac, porte-parole de l'association "negaWatt", le think tank français à l’origine de la méthode sur laquelle repose ce scénario, explique :
"La sobriété va chercher des changements d’usage, par exemple du report modal, prendre moins la voiture au profit des transports collectifs, des mobilités douces, comme le vélo. Partager d'avantage aussi les véhicules. On voit que ça touche à la fois des comportements individuels, mais aussi au cadre que les pouvoirs publics fixent pour permettre ces changements de comportement."
Pour que de tels changements deviennent possibles, il faut également que le cadre adéquat soit mis en place. CELL mise donc sur un usage plus conscient et plus économe de l’énergie, sur des bâtiments plus efficaces sur le plan énergétique ainsi que sur le développement des énergies renouvelables. Selon Léonard Andersen, coordinateur de CELL, cela permettrait non seulement d’aider le climat, mais aussi de réduire les coûts de l’énergie et de rendre le Luxembourg moins dépendant des énergies fossiles.
"Ce qu’on est en train de dire, c’est qu’il y a un levier activé en plus, le levier de la sobriété qui aujourd’hui ne représente que entre 10 et 15 % des mesures du PNEC (Plan National Énergie Climat). Donc on peut aller plus loin, il y a des marges de manœuvre importantes, qui permettent aussi de diminuer la facture énergétique, de sortir un petit peu de la pression géopolitique qui nous enferme et puis aussi de libérer pour les ménages des marges de manœuvre plus grandes."
L'association CELL estime qu’il existe encore davantage de potentiel que ce qui est prévu dans le Plan national pour le climat et l’énergie. Avec ce scénario, l’organisation souhaite montrer comment le Luxembourg pourrait atteindre la neutralité climatique encore plus rapidement.
"Ce qu’on essaie de montrer, c’est qu’en ayant une organisation plus intelligente du territoire, par exemple sur le transport ou le résidentiel, on peut arriver justement à optimiser une diminution énergétique et à atteindre une neutralité climatique. C’est vraiment des éléments de réponse, des éléments de débat et des outils pour aller plus vite, plus loin et moins cher."
Ce scénario doit désormais servir de base pour de nouvelles discussions sur la transition énergétique au Luxembourg. Il reste à voir si, et dans quelle mesure, les propositions formulées seront intégrées à la future politique climatique.