
Au Luxembourg aussi, des études menées auprès d'adolescents en âge de fréquenter le lycée, auraient montré que trois jeunes sur dix disent qu'ils aimeraient réduire leur consommation de médias sociaux, mais n'y sont pas parvenus. Respectivement, trois jeunes sur dix disent qu'ils seraient sur les réseaux sociaux pour échapper à leurs sentiments négatifs. Et là, cela vaudrait la peine d'informer et de donner des pistes aux jeunes sur la façon dont ils peuvent changer leur comportement, selon Nathalie Keipes.
Le nouveau pacte pour la jeunesse 2022-2025 propose aussi des pistes. Il est basé sur trois axes, le premier étant de favoriser le bien-être à l'école. Les adolescents y passent beaucoup de temps et en cette époque de pression et de stress, des locaux devraient être créés dans les écoles, où ces jeunes pourraient se retirer pendant les pauses, jouer au billard ou même se détendre et simplement ne rien faire. Certains lycées auraient déjà des locaux de ce type ou des "zones sans portable", explique la directrice du CePAS. Cela aussi serait important à l'avenir.
Le deuxième axe concerne l'éducation non formelle, c'est-à-dire les structures de la jeunesse et de l'animation socio-éducative. Elle serait très importante, explique Nathalie Keipes. Il s'agit notamment des maisons de jeunes et des organisations où les jeunes peuvent être ce qu'ils sont et où il n'y a aucune attente envers eux. En cette ère numérique, il serait important d'offrir de telles alternatives aux smartphones, ajoute la directrice du CePAS. C'est pourquoi l'axe de l'éducation non formelle serait si important.
Le troisième axe doit améliorer la collaboration entre les différents acteurs. Une problématique importante est évidemment la santé mentale, particulièrement après la pandémie. Dans une société de la performance, où cette dernière compte beaucoup, il ne pourrait plus y avoir de tabou quand quelqu'un recherche une assistance psychologique. Il s'agirait aussi d'une demande des élèves. Là on aimerait mettre en place des centres d'informations et développer des applications, afin que les jeunes puissent s'orienter grâce à leur téléphone et discuter du sujet avec d'autres jeunes mais aussi être informés.
A propos de la vidéo récente d'un incident particulièrement violent dans un lycée, Nathalie Keipes a déclaré qu'elle serait révélatrice de la situation. La violence existerait, chez les adultes et chez les adolescents. L'école devrait rester une zone non-violente, et par conséquent, il serait important que le parquet ait été saisi et que des sanctions soient prononcées dans de tels cas. Une telle violence devrait avoir des conséquences et il ne s'agirait en aucun cas de détourner le regard. Les victimes devraient également savoir à qui elles doivent s'adresser pour obtenir de l'aide, a précisé Nathalie Keipes.