
Ce mardi 15 novembre marque la Journée européenne de l'égalité salariale. Un événement symbolique pour rappeler que dans l'UE, à "travail égal", les femmes gagnent, en moyenne, 13% de moins que les hommes. "Cela signifie que pour chaque euro que gagne un homme, une femme recevra 0,87€" explique la Commission européenne. C'est ce qu'on appelle le "Gender Pay Gap".
Un pays fait toutefois figure de "bon élève" en ayant réussi à quasiment effacer cette différence. Oui, il s'agit du Luxembourg. Déjà plus bas que dans le reste de l'Union, Eurostat estime que l'écart salarial horaire y atteint 0,7%. À travail égal, pour chaque euro gagné par un homme, une femme gagnera donc 0,993€. Moins d'un centime d'écart !
"L’égalité salariale entre hommes et femmes est en moyenne atteinte au Luxembourg" confirmait le Statec à la mi-octobre. Le salaire médian des femmes, tout comme leur niveau d'éducation, sont même supérieurs à celui des hommes. Elles "travaillent proportionnellement davantage dans des professions et branches plus rémunératrices et dans des grandes entreprises".
Aucun pays ne fait aussi bien en Europe. Ni les pays scandinaves (11,2% d'écart salarial en Suède, 13,9% d'écart au Danemark) ni les pays voisins (5,3% en Belgique, 15,8% en France, 18,3% en Allemagne). Les Françaises ont d'ailleurs marqué le coup ce 4 novembre à 9h10, jour depuis lequel elles "travaillent gratuitement".

Au Luxembourg, des pistes d'amélioration sont toutefois bien identifiées: malgré un écart de salaire horaire réduit à presque zéro, le salaire annuel est lui moins équilibré. La raison? "Les hommes bénéficient en moyenne davantage de bonus de fin d’année."
Toujours au Luxembourg, malgré un équilibre salarial au niveau global, les femmes sont parfois peu présentes dans certaines branches d'activité. Et pris branche par branche, leur salaire est moins élevé que celui des hommes.
Idem en fonction de l'âge: les femmes plus jeunes ont un salaire égal ou supérieur aux hommes, mais vers 40 ans, le rapport de force s'inverse. Il faudra encore quelques années pour que l'équilibre soit trouvé dans toutes les classes d'âge.
Elles ont également davantage recours au temps partiel, ce qui réduit "leurs revenus et leurs pensions de retraite". Cette fois, c'est même le bonnet d'âne: les Luxembourgeoises ont une pension de retraite sensiblement plus faible que celle des hommes. Plaçant le pays parmi les moins bons d'Europe sur l'écart de revenus à la retraite.