
Expliquer la démocratie aux jeunes ne suffit pas. Encore faut-il leur permettre de la vivre au quotidien. C'est le message porté par Michèle Schilt, directrice adjointe du Centre pour l'éducation à la citoyenneté, invitée de la rédaction de RTL ce vendredi matin.

Selon elle, les jeunes risquent de se détourner de la vie démocratique s'ils ont le sentiment de ne pas être écoutés ou de n'avoir aucune influence sur les décisions qui concernent leur avenir. Pour susciter leur intérêt, il est plus pertinent de partir de leurs préoccupations concrètes, comme l'usage du smartphone à l'école, les réseaux sociaux ou encore leur bien-être dans l'environnement scolaire.
La première Semaine de la démocratie, organisée dans les écoles luxembourgeoises, a d'ailleurs reçu des retours encourageants. Le ZpB estime que les jeunes ne manquent pas d'intérêt pour les questions de société, mais qu'ils ont besoin d'espaces de dialogue avec les adultes.
Face aux discours de haine ou aux propos discriminatoires, Michèle Schilt plaide pour une approche combinant fermeté et dialogue. L'école doit rester un lieu où les débats peuvent avoir lieu, tout en rappelant une limite claire : tous les êtres humains ont la même valeur.
Alors que le Centre pour l'éducation à la citoyenneté célèbre ses dix ans, sa directrice adjointe estime que les défis liés aux réseaux sociaux, à la désinformation et à l'intelligence artificielle renforcent l'importance de l'éducation citoyenne. Elle insiste également sur le rôle exemplaire des adultes et des enseignants.
"On ne peut pas demander aux jeunes de prendre des responsabilités si on ne leur en a jamais confié auparavant", résume-t-elle.