SantéLe Luxembourg se dote enfin d'une Agence nationale du médicament

Pierre Jans
adapté pour RTL Infos
Le Luxembourg sera le dernier pays de l'Union européenne à disposer de sa propre Agence nationale du médicament. La Chambre des députés a adopté à l'unanimité, ce jeudi, le projet de loi créant cet établissement public chargé de surveiller la qualité, la sécurité et l'utilisation des médicaments ainsi que des produits médicaux.
© AFP

Attendue de longue date, cette réforme met un terme à un processus entamé en 2019 avec la présentation d'une première ébauche du texte. La nouvelle agence comptera 71 postes, principalement occupés par des fonctionnaires, et aura pour mission de renforcer le contrôle des médicaments sur le marché luxembourgeois.

Pour le député LSAP Mars Di Bartolomeo, cette nouvelle structure doit contribuer à maintenir la confiance du public. "L'Agence du médicament apportera une contribution importante pour préserver la confiance des citoyens à une époque où le scepticisme à l'égard des médicaments et des vaccins est en hausse", a-t-il souligné.

Le texte introduit également plusieurs dérogations encadrées. Parmi elles figurent l'usage "off-label", qui permet d'utiliser un médicament autorisé pour traiter une autre maladie que celle prévue initialement, le recours à des traitements destinés à des besoins spécifiques ainsi que l'utilisation compassionnelle de médicaments avant leur autorisation officielle dans le cadre de maladies graves.

Si l'ensemble des partis a soutenu la création de l'agence, plusieurs députés ont rappelé qu'elle ne réglerait pas à elle seule le problème récurrent des pénuries.

Un constat partagé par le député pirate Sven Clement, qui a récemment consacré une interpellation parlementaire à cette problématique. Selon lui, les pharmacies consacrent en moyenne douze heures par semaine à rechercher des alternatives lorsque certains traitements ne sont plus disponibles. Une situation qui représente une charge importante pour les professionnels du secteur mais aussi un risque pour les patients concernés.

Pour limiter ces tensions d'approvisionnement, plusieurs pistes sont avancées. Sven Clement plaide notamment pour une adaptation des quotas de médicaments attribués au Luxembourg. Le pays compte aujourd'hui environ 690.000 habitants, mais les besoins réels concernent près de 900.000 assurés en incluant les travailleurs frontaliers.

La majorité voit toutefois dans la création de l'Agence nationale du médicament et de la future centrale nationale d'achat une avancée importante. La députée CSV Françoise Kemp estime que cette structure permettra de mieux coordonner les achats dans le secteur de la santé, d'améliorer la logistique et de constituer des stocks stratégiques.

La question de l'approvisionnement européen reste également au cœur des préoccupations. Une grande partie des médicaments consommés en Europe étant produite en Inde et en Chine, plusieurs élus ont souligné l'importance de renforcer la coopération européenne. Le député DP Gérard Schockmel a notamment rappelé que le récent Critical Medicines Act de l'Union européenne prévoit des mesures destinées à favoriser la production de médicaments critiques sur le territoire européen.

Tous les groupes parlementaires se sont finalement accordés sur un même objectif : garantir que les médicaments dont les patients ont besoin soient non seulement sûrs, mais aussi disponibles en permanence.

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