Dr. Jean Reuter (CHL)Les hôpitaux se préparent à "vivre des temps difficiles"

RTL Infos
Jean Reuter, docteur en soins intensifs au Centre Hospitalier de Luxembourg, était l'invité de la rédaction ce lundi matin.

Par rapport à la première vague, le Luxembourg dispose peut-être de plus de matériel comme des respirateurs mais le problème réside dans le manque de personnel. Le docteur prend comme exemple 200 bus que l'on aurait à disposition, mais seulement 100 chauffeurs pour les conduire, ce qui n'est pas une situation optimale, selon le docteur Jean Reuter dans une interview accordée à RTL.

Si les capacités normales ne suffisent plus et si des lits supplémentaires en soins intensifs doivent être créés, la qualité de la prise en charge risque de souffrir, prévient-il.

Au Luxembourg, le nombre des patients en soins intensifs a été multiplié par quatre ces deux dernières semaines. Les patients diagnostiqués il y a deux semaines, alors que le nombre des nouvelles infections était encore relativement faible, sont maintenant sous traitement.

L'âge moyen des patients Covid en soins intensifs est actuellement de 60 ans, selon le docteur Reuter qui précise néanmoins que deux personnes présentes sont âgées de moins de 40 ans.

CERTAINS PATIENTS NE PEUVENT PLUS ÊTRE TRANSFÉRÉS EN RÉANIMATION

Lorsque le support en oxygène n'est plus suffisant dans les services normaux, un patient est alors transféré vers les soins intensifs. Les patients dont les chances de survie sont limitées ne sont plus transférés en réanimation car ils représentent une trop grosse charge de travail pour les différents services. Il s'agit d'une règle globale, également valable pour les autres patients.

Le docteur explique que la durée passée aux soins intensifs par un patient atteint du Covid a clairement diminué par rapport à la première vague, passant de trois semaines à une petite dizaine de jours. Le traitement a également changé depuis le printemps, des corticoïdes comme le Dexamethason ou des anticoagulants sont désormais utilisés tout en tentant d'éviter la respiration artificielle. Plus aucun traitement anti-malaria ou anti-VIH n'est utilisé, comme le précise le spécialiste en soins intensifs.

Jean Reuter ne se considère pas comme homme politique ou épidémiologiste et ne peut donc pas établir de modélisation des nouvelles mesures nécessaires. En revanche, il peut très bien juger la situation dans les différentes stations de réanimation qui se préparent tant bien que mal aux différents scénarios catastrophes et conclut: "Les réanimateurs sont prêts mais il faut se préparer à vivre des temps difficiles".

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