Canicule sur le chantierPriorité à la sécurité, mais la chaleur plombe le rendement

Annick Goerens
adapté pour RTL Infos
De nombreuses entreprises sont obligées d'adapter leurs horaires de travail en fonction des températures actuelles.
© Serge Pauly

Un nouveau record pour le mois de juin pourrait être établi au Luxembourg ce week-end. Meteolux prévoit des températures pouvant atteindre 36 degrés. La température la plus élevée jamais enregistrée en juin est de 35,4 degrés. Les vagues de chaleur deviennent de plus en plus fréquentes en raison du changement climatique. Les entreprises de construction doivent donc elles aussi s'y préparer. La journaliste Annick Goerens s'est rendue à Rumelange pour RTL ce vendredi matin.

Dès 10 heures, le soleil tapait déjà fort dans le sud du Luxembourg. La recommandation officielle est de lever le pied. Cependant, ce n’est pas si simple pour une entreprise de construction, comme l’explique Paul Nathan, directeur de la société Poeckes.

"Malheureusement, nous avons également d’autres obligations, telles que les engagements de calendrier pris auprès des clients. Il s’agit d’obligations contractuelles. Bien sûr, nous essayons toujours de veiller à ce qu’il y ait une entente mutuelle avec le client, et c’est le bon sens qui prime, en cherchant à trouver des compromis".

Commencer plus tôt et faire des pauses

Au total, environ 220 personnes travaillent pour l'entreprise Poeckes. Parmi elles, 30 occupent des postes administratifs, tandis qu'environ 150 travaillent directement sur le chantier et sont donc exposées à la chaleur chaque jour. Pour réduire les risques, les horaires de travail sont adaptés aux températures.

"Nous connaissons bien cette situation depuis plusieurs années. C'est un problème récurrent et ce que nous faisons, c’est adapter les horaires de travail ; nous envisageons de commencer plus tôt avec l’équipe sur les différents chantiers, puis, bien sûr, de finir plus tôt pour éviter les heures les plus chaudes".

Pas de travail torse nu

De plus, chaque chantier est approvisionné en eau potable en quantité suffisante et on rappelle constamment aux ouvriers de faire régulièrement des pauses à l’ombre. "En matière de sécurité, le compromis est que les rendements ne sont naturellement pas les mêmes que lors des journées plus fraîches. Cela signifie que nos gars sont également sensibilisés au fait que les pauses sont nécessaires entre chaque tâche sur le chantier. Et nous essayons de respecter cela, contribuant ainsi au bien-être de nos ouvriers".

Malgré la canicule, il n’y a aucune exception aux règles de sécurité: travailler torse nu est interdit.

"Sur notre chantier, comme partout ailleurs, nous devons respecter la loi, ce qui signifie que le port d’EPI [équipements de protection individuelle, ndlr] est obligatoire. Le port d’un pantalon long est obligatoire. Les chaussures de sécurité et le casque de chantier sont obligatoires. Malheureusement, nous ne pouvons faire aucune exception à ce sujet".

100 communes, 100 réglementations

Les équipes de l’entreprise Poeckes commencent désormais à 6 heures du matin et travaillent ensuite 8 heures par jour, avec une pause d’une demi-heure. L’organisation n’est pas simple, car chaque commune a ses propres règles en matière d’horaires de travail.

"Nous avons 100 communes, 100 règlements communaux différents. Il faut vérifier au cas par cas. Bien sûr, cela nous simplifierait la vie, en tant qu’entreprise de construction, si nous n’avions qu’un seul règlement communal à respecter. Mais c’est une question politique".

Cette fois-ci, cependant, ce long week-end est une aubaine pour les entreprises de construction. De nombreux chantiers seront à l’arrêt pendant quelques jours, les entreprises prenant une pause. En contrepartie, samedi dernier était un jour ouvré.

© Serge Pauly

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