
"D’une part, la médecine a évolué et, pour certaines interventions, nous n’avons aujourd’hui plus besoin d’une clinique au sens classique du terme. La médecine est devenue plus prévisible, la qualité s’est améliorée, et cela nous permet de réaliser certaines choses en dehors d’une clinique traditionnelle", explique le directeur général des Hôpitaux Robert Schuman, le Docteur Marc Berna.
Le suivi après opération, qui se fait normalement à l’hôpital, sera assuré de la même manière sur le site de chirurgie ambulatoire. Une clinique de jour est prévue pour les patients qui doivent rester quelques heures de plus. Le troisième étage accueillera une policlinique et un service de kinésithérapie, précise le directeur des soins, Christian Kirwel. Les patients pourront y être préparés avant l’opération, afin de récupérer plus rapidement après l’intervention. Ils pourront aussi revenir ensuite à la Cloche d’Or pour consulter leur médecin et poursuivre leur rééducation avec un kiné. Une prise en charge complète sera proposée en un seul lieu. Le projet reste toutefois encore abstrait : le gros œuvre n’est même pas encore achevé.
Une autre raison pour laquelle les HRS prévoient ce projet de chirurgie ambulatoire est de soulager l’hôpital du Kirchberg, qui manque de place et doit donc être rénové et agrandi. Marc Berna évoque des opérations qui se prolongent régulièrement jusqu’à 23h, voire minuit. "Ce n’est pas bon pour le patient, ce n’est pas bon pour le personnel qui y travaille, ce n’est pas bon pour le médecin qui doit être de nouveau au bloc à 7h du matin."
La première phase des travaux de rénovation et de modernisation du site du Kirchberg doit commencer à la fin de cette année. Il s’agira d’un processus long et complexe, nécessitant aussi des solutions provisoires, comme l’installation de salles d’opération temporaires. Une véritable "ville de conteneurs" devra être mise en place. Là aussi, le nouveau site de la Cloche d’Or devrait contribuer à faciliter les choses, si tout se déroule comme prévu.
Le projet, qui dépasse les 100 millions d’euros et devrait être financé par le ministère de la Santé et la Caisse nationale de Santé, n’est pas encore autorisé. Le groupe hospitalier n’a même pas encore introduit de demande d’autorisation auprès de la ministre de la Santé. Le projet en est seulement au stade du développement, explique Marc Berna. Des échanges étroits ont lieu avec tous les acteurs concernés. Le site de chirurgie ambulatoire de la Cloche d’Or pourrait permettre d’économiser des solutions provisoires d’une valeur de 70 millions d’euros, pendant les travaux de transformation au Kirchberg.
"Tout ce que nous planifions et mettons en service, respecte bien sûr le cadre légal", souligne le directeur général des HRS. Selon la législation actuelle, le site de la Cloche d’Or pourrait être géré comme un hôpital classique. Mais la ministre de la Santé a présenté la semaine dernière le projet de loi sur les structures ambulatoires en dehors des hôpitaux. "Nous verrons ce que permettra le cadre à l’avenir", ajoute avec un sourire le directeur général des HRS.
Le service de chirurgie ambulatoire pour les yeux, situé près du centre commercial Cloche d’Or, devrait pour sa part être opérationnel fin septembre 2026. L’accent y sera mis sur la cataracte. Entre 5.000 et 6 .000 opérations pourront y être réalisées annuellement.