Carlo ThelenLes hausses d'impôts sont un poison pour l'économie et l'attractivité du pays

RTL Infos
Le gouvernement a déjà beaucoup fait pour les entreprises, notamment pour faire face aux problèmes de liquidités, mais à présent, il faut des aides plus ciblées.

Voilà ce qu'a déclaré le directeur de la Chambre de Commerce, Carlo Thelen, mardi soir dans une interview accordée à RTL Télé. Cela signifie que les aides financières doivent à présent concerner les entreprises qui ne peuvent pas travailler actuellement, comme l'hôtellerie, le tourisme ou la restauration, mais aussi celles qui ont déjà pu rouvrir mais qui travaillent à perte à cause de la crise sanitaire et des mesures de sécurité.

"Le secteur Horeca, où une date est attendue, à laquelle ils pourront rouvrir, mais là nous avons besoin d'aides qui s'inscrivent dans la durée, peut-être jusqu'à la fin de l'année, qui couvriraient aussi des coûts fixes, éventuellement aussi les cotisations patronales, cela signifie que ce doit être des mesures plus importantes, qui concernent aussi des entreprises qui ont plus de 20 salariés, car jusqu'à présent, c'était souvent une limite et ceux qui la dépassaient, ne pouvaient rien obtenir."

La Chambre de Commerce réclame la prolongation du chômage partiel dans certains cas. Mais il faudrait aussi d'autres mesures qui interviendraient jusqu'à la fin de l'année et viseraient les coûts fixes des entreprises. Et cela aussi pour de plus grandes entreprises, selon Carlo Thelen.

Des aides non-remboursables ciblées ...

Il faudrait de nouvelles aides ciblées pour les entreprises les plus durement touchées, des aides non-remboursables. Le plus gros problème pour plus de la moitié des entreprises, ce sont les liquidités. Les entreprises ne veulent pas nécessairement s'endetter sans visibilité. Les banques sont une partie de la solution et pourraient aider, mais il faut prendre garde qu'elles soient aussi impliquées plus tard, car les entreprises pourraient ne plus pouvoir rembourser leurs prêts.

Carlo Thelen a salué le fait que le gouvernement maintienne un haut niveau d'investissements. Mais il faudrait aussi voir où on va investir. Selon la Chambre de Commerce, il faut notamment investir dans la digitalisation, les transports, mais aussi dans la réindustrialisation. Des mesures devraient être prises pour attirer des entreprises industrielles.

... mais pas de hausses d'impôts

Le directeur de la Chambre de Commerce est opposé aux hausses d'impôts: ce serait un poison pour l'économie et l'attractivité du Luxembourg. Il est vrai que le gouvernement doit disposer de beaucoup d'argent en ce moment, mais les finances publiques sont saines et, pour une partie des mesures annoncées, comme les garanties bancaires, l'Etat ne doit pas débourser immédiatement du cash.

Pour Giovanni Patri aussi, il faut baisser les cotisations sociales. Il est le président d'"Alliance'up", une association fondée pendant la crise pour représenter les intérêts des indépendants et des start-up. Elle compte déjà un millier de membres. L'un des principaux problèmes des entreprises, ce sont les loyers. Il peut s'imaginer des allègements fiscaux pour les propriétaires qui réduisent ou ajournent les loyers. Particulièrement dans la capitale, où la situation était déjà tendue avant la crise.

"A cause du tram, à cause des nombreux chantiers, et il y en a beaucoup qui ont investi parce que l'économie allait bien, pourquoi ne pas investir? Et cela est arrivé maintenant juste au début de l'année. Ce qui signifie que personne n'a fait une petite réserve. Voilà pourquoi l'Etat doit intervenir, pourquoi? Parce que l'Etat a demandé de fermer. Cela signifie qu'il est responsable de cette décision, c'était aussi une très bonne décision sur le plan sanitaire, mais à présent l'Etat doit intervenir pour aider les gens."

Certaines entreprises ne sont pas éligibles aux aides financières publiques parce qu'elles n'avaient pratiquement pas de réserves.

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