Altrier sous tensionLes habitants font de la résistance contre des logements sociaux

RTL Infos
La tension est palpable à Altrier, dans la commune de Bech, depuis l'annonce de la création de logements sociaux en plein cœur du petit village de 300 habitants. L'ancienne école sera détruite.
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Afin de créer l'espace nécessaire à ces nouveaux logements, l'ancienne école près de l'église sera détruite. Un chantier contre lequel près de la moitié des résidents s'est opposée devant la justice avec notamment la demande d'un arrêt provisoire des travaux, recalé par le tribunal administratif. Les machines vont donc bientôt pouvoir s'élancer.

L'ancienne école devra donc laisser sa place à quatre logements sociaux. Le bâtiment sera placé à la verticale face à la route, un petit chemin le long de l'église sera préservé afin de relier directement la plaine de jeux située à l'arrière des logements. Le site pour les enfants devrait être agrandi et la commune prévoit aussi un terrain de sports avec paniers de baskets et buts de football.

"Les intérêts des citoyens sont égoïstes"

Le bâtiment qui sera rasé n'est pas classé mais sa destruction se heurte à la résistance de 106 citoyens de la commune. Ni la personne à l'origine de la plainte ni l'avocat ont accepté de répondre aux questions de RTL, mais le jugement récent du tribunal administratif cite certains arguments.

On peut notamment y lire que les nouveaux logements ne s'intègrent pas dans le caractère historique du village, ou encore que le bâtiment obstruerait une partie de la vue, ce qui dévaloriserait les maisons situées aux alentours. Les citoyens reprochent également qu'on leur enlève un endroit dans lequel des fêtes du village sont régulièrement organisées et ils proposent plutôt de construire ces logements aux abords du petit bourg.

Aucun de ces arguments n'a été retenu par le tribunal administratif qui les a en partie qualifiés d'"égoïstes". On peut notamment lire dans le jugement que le "caractère historique" du village n'est de toute façon plus respecté avec la construction de plusieurs maisons modernes tout autour de l'endroit en question.

Peur d'un foyer social ?

Certaines craintes par rapport aux "nouveaux voisins" avaient été formulées lors d'une réunion citoyenne en 2021. Ce à quoi la commune et l'Agence immobilière sociale (AIS) ont répondu qu'il s'agit de personnes provenant de la commune ou de l'office social de Beaufort. La nouvelle bourgmestre Jill Goeres a promis de rencontrer les habitants du village pour une entrevue, "une discussion", insiste de son côté le directeur de l'AIS Gilles Hempel qui souligne que la problématique du logement ne concerne pas seulement les anciens prisonniers ou les drogués, "de faux préjugés existent dans une partie de la population, il faut s'en éloigner".

"Je n'ai jamais vu autant de résistance"

Pour Gilles Hempel, la résistance à Altrier est une première. Tout au début, il était question de 12 logements, puis, suite à la protestation des habitants, ce nombre est passé à 10, 6 et puis finalement 4, "on ne peut vraiment pas faire moins", précise le directeur de l'AIS. Cinq longues années de planifications ont été nécessaires, notamment en raison de la résistance des habitants. Chaque nouvelle version impliquait de nouveaux plans, sans oublier des fouilles archéologiques et le déplacement d'un câble électrique. Les travaux supplémentaires ont coûté 200.000 euros, dont 30.000 en frais judiciaires.

La commune doit également porter certains frais, "qui sont payés par le contribuable", note la bourgmestre, "nous avons calculé une somme de 20 à 40.000 euros, de l'argent que nous aurions bien voulu investir dans d'autres projets".

L'affaire ne semble pas encore tout à fait terminée pour autant, des recours contre la commune et l'AIS sont encore en cours au tribunal administratif. Mais les responsables du projet sont optimistes et pensent que ces logements seront prêts en 2026. Si le tribunal donne raison aux habitants, ils ne pourront obtenir, dans le meilleur des cas, que des dommages et intérêts, plus rien ne pourra être détruit.

Le reportage en luxembourgeois de RTL Télé:

Sozialwunnengen zu Altréier
Zu Altréier rumouert et, an zwar scho méi laang, an dat well an den Zentrum vum 300-Awunner Dierfche Sozialwunnenge komme sollen.

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