Prix élevés, baisse du trafic de transit, manque de personnelLes exploitants de stations-service au Luxembourg s'inquiètent

Marc Hoscheid
adapté pour RTL Infos
Une politique plus agressive des pays voisins au niveau des accises sur le diesel provoque une forte baisse du trafic de transit au Grand-Duché et les exigences relatives aux salariés compliquent les embauches. Deux sources d'inquiétude supplémentaires pour un secteur déjà impacté par la hausse des prix pétroliers à cause de la guerre en Iran.
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© Marc Hoscheid

Au cours des deux dernières semaines, les prix des carburants ont fortement augmenté en raison de la guerre en Iran. D’après les exploitants de stations‑service, cette hausse n’a toutefois pas encore entraîné une baisse de la fréquentation. Le secteur, s’attend à ce que la situation se stabilise. Mais au‑delà de l’évolution récente des prix du carburant, les stations‑service ont d’autres sujets de préoccupation.

Pendant de nombreuses années, le Luxembourg a été considéré comme une sorte d'“Eldorado européen du carburant”. Grâce aux faibles accises, les prix y étaient nettement plus avantageux que dans les pays voisins. Avec pour conséquence que non seulement les frontaliers ou les habitants de la Grande Région venaient faire le plein au Grand‑Duché, mais certains camions effectuaient même de grands détours pour remplir leur réservoir ici. Ce trafic de transit a toutefois fortement diminué ces cinq dernières années, explique Romain Pütz, président de la Fédération des exploitants de stations‑service.

Si je ne prends que les chiffres de l’année dernière, nous avons enregistré une baisse de 20 % dans le secteur du diesel, ce qui signifie que le transit est beaucoup moins important qu’il y a quelques années. Et si je remonte quatre à cinq ans en arrière, nous avons même chuté de 50 % en ce qui concerne le trafic de transit des camions. Pourquoi ? Parce que c’est un volet fiscal qui est bien plus avantageux dans les autres pays qu’au Luxembourg. Nous nous faisons d’ailleurs du souci pour les stations‑service situées le long des autoroutes.

En ce qui concerne la vente de cigarettes et d’alcool, il existe en outre de grandes différences entre les stations situées près des frontières et celles plus au centre du pays. Pour Romain Pütz, il est important de souligner que beaucoup de personnes travaillent dans le secteur. Aux 2.000 salariés directement employés dans les stations‑service s’ajoutent encore les grossistes et les traiteurs qui les approvisionnent. Mais est‑il évident de trouver encore du personnel ?

Trouver du personnel est en soi difficile, parce que tu as besoin de beaucoup de flexibilité et de polyvalence, et tu ne trouves pas toujours des gens qui correspondent.

L’emplacement de la station a aussi un impact sur le profil des salariés : tandis qu’aux frontières, ce sont surtout des personnes venant des pays voisins qui travaillent, les stations plus centrales emploient davantage de résidents luxembourgeois.

Par ailleurs, le secteur ne considère pas la transition vers l’électromobilité comme une menace fondamentale pour son modèle économique.

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