
Ce n'est pas le ministre qui décide qui va en prison. "Il est évidemment élémentaire que nous garantissions la sécurité de la population", a déclaré la ministre de la Justice, Sam Tanson, en réaction aux propos du CSV, que ceux qui se faisaient prendre, étaient souvent relâchés. Interviewée par RTL, elle a expliqué que le Luxembourg est un état de droit, où le ou la ministre de la Justice ne décide pas qui va en prison et qui n'y va pas. Le parquet ou le juge d'instruction évaluent au cas par cas, selon Sam Tanson.
Il arrive qu'une personne, qui a été arrêtée, soit libérée, parce qu'il n'y avait pas suffisamment de conditions qui étaient remplies pour envoyer directement cette personne en prison. Il se peut qu'un juge d'instruction ne voie pas de raison à une détention préventive, qu'il n'y ait pas suffisamment d'éléments ou que la Chambre du Conseil accorde une libération. "C'est là qu'entre en jeu notre mécanisme judiciaire, qui procède en vertu de critères objectifs et là, la politique n'intervient pas, sauf s'il y a des problèmes dans les procédures", selon la ministre. Elle n'a toutefois pas connaissance de tels problèmes.
Sam Tanson a ajouté qu'il n'y avait pas moins de détenus en prison qu'auparavant. Le cabinet d'instruction de Luxembourg-ville voit actuellement passer 12 à 20 flagrants délits par semaine, la police est très active et de nombreuses interpellations ont été effectuées. Tous ces cas vont à présent être traités avec le sérieux nécessaire. En ce qui concerne la criminalité liée à la drogue, a déclaré Sam Tanson, au Luxembourg, "nous ne savons pas toujours si nous avons affaire à un dealer ou à un consommateur" et c'est pourquoi les personnes qui se font prendre avec des stupéfiants, ne sont pas emprisonnés. "Les étrangers et les Luxembourgeois doivent être traités de la même manière" a précisé la ministre.
Sam Tanson n'a pas laissé passer non plus la critique du premier parti d'opposition, selon laquelle elle ferait l'autruche. Elle a dit que le CSV sait très bien, par exemple, qu'un projet de loi est en cours d'élaboration pour la fouille corporelle. Des travaux sont également en cours sur l'élargissement des compétences des agents municipaux et sur la surveillance vidéo. Elle comprend la frustration de la police et de la population, mais au lieu de se renvoyer la balle en permanence, les responsables politiques feraient mieux de collaborer, selon Sam Tanson.

Lors de sa conférence de presse, le premier parti d'opposition a déclaré que la barre des 40.000 délits annuels avait été franchie l'an dernier. Mais il n'a pas mis cela en relation avec la croissance de la population. Néanmoins, pour le CSV, les chiffres de la police confirmeraient les inquiétudes de la population.
C'est pourquoi le CSV exige que toutes les mesures qu'il réclame depuis des années soient enfin mises en oeuvre: plus de policiers, plus de compétences pour les agents municipaux, une expulsion généralisée, plus de vidéosurveillance, l'utilisation de bodycams et de Tasers, mais aussi l'élaboration de règles claires pour la fouille corporelle.
Le député CSV et échevin de la capitale, Laurent Mosar, a reproché aux ministres verts Henri Kox, pour la police, et Sam Tanson, pour la justice, de s'enfoncer la tête dans le sable, en d'autres mots, de faire l'autruche. Il a demandé si chacun était conscient de combien il était démotivant pour des policiers de se donner du mal pour arrêter des auteurs et de les croiser libres quelques jours plus tard.
Selon Laurent Mosar, il faudrait enfin dire "clairement", qu'il s'agit de délinquants étrangers, qui ne se trouveraient pas légalement sur le territoire luxembourgeois. Pour le député Léon Gloden, il faudrait renvoyer ces délinquants chez eux.
Le CSV a toutefois également plaidé pour plus de travail social et de prévention. A la question de savoir si à Ettelbruck, le CSV allait accepter un local destiné aux toxicomanes ("Fixerstuff"), pour soulager la capitale, Laurent Mosar a répondu qu'il n'avait pas le sentiment que le collège des bourgmestre et échevins d'Ettelbruck y était radicalement opposé.