
Juste avant le week-end, le parc zoologique de Mulhouse avait vacciné ses 500 pensionnaires à plumes contre la grippe aviaire. Avec la migration actuelle d'oiseaux sauvages, les 70 espèces du zoo, tout comme l'ensemble des volailles d'élevage, sont désormais confinés dans 46 départements en France. Et la Moselle voisine n'y échappe pas.
Vue sa géographie et notamment ses nombreux étangs, le département de la Moselle vient d'être classé à risque "élevé", a annoncé ce lundi la préfecture. Conséquences directes, les aviculteurs professionnels et les éleveurs amateurs sont contraints, depuis vendredi, de mettre en place des mesures de biosécurité renforcées.
L'objectif des autorités sanitaires étant d'éviter à tout prix une transmission du virus influenza aviaire "hautement pathogène H5N8" aux élevages industriels et aux basses-cours par les oiseaux migrateurs.
Le virus progresse sûrement: des foyers domestiques mais aussi des cas d'oiseaux sauvages infectés "ont été confirmés dans les pays autour du Luxembourg, surtout aux Pays-Bas, en Allemagne et maintenant en Irlande. Le virus semble se rapprocher", résume le Dr Félix Wildschutz, directeur de l'Administration des services vétérinaires.
Ses services, assure-il, sont en veille active mais ne s'alarment pas: "Pour le moment, nous ne voulons pas encore confiner les volailles", à l'inverse de la France, explique le Dr Wildschutz. Les voyants restent orange pour l'heure. Le monitoring régulier opéré dans les élevages luxembourgeois, tout comme les analyses de cadavres de volailles n'ont "rien détecté" à ce stade. Même constat "en Belgique et en Allemagne, près de nos frontières", pose le directeur de l'Inspection sanitaire.
Mais "si le risque devenait trop grand" ou "si un cas était détecté", le ministère de l'Agriculture imposerait l'obligation de confinement de l'ensemble des volailles élevées sur le sol luxembourgeois. Vue la situation, l'autorité sanitaire fera un rappel des mesures de biosécurité dans le courant de la semaine. Notamment pour rappeler aux éleveurs de ne plus nourrir les animaux à l'extérieur et, si possible, de protéger leur basse-cour avec des filets.
Ce n'est pas tant la quinzaine d'exploitations professionnelles - produisant œufs ou viande de poulet - qui préoccupe le ministère mais davantage les petits éleveurs pour lesquels l'élevage de poules et autres animaux à plumes reste un loisir. Le risque de contamination vient du ciel mais aussi des petits marchés où ils s'approvisionnent.
Régulièrement "ils vont acheter leurs volaille à l'étranger, surtout en Belgique. Mais on sait bien que sur un petit marché l'éleveur ne se verra pas remettre le certificat des autorités de provenance assurant qu'il n'y a pas de maladie, pourtant obligatoire", explique Félix Wildschutz.
Depuis l'apparition de foyers en Russie et au Kazakhstan au cours de l'été, l'épizootie a progressé vers l'ouest. Plus proche du Luxembourg, l'alerte est venue récemment des Pays-Bas. Le virus H5N8 avait été détecté le 23 octobre 2020 sur deux cygnes aux Pays-Bas. Rappelons que la grippe aviaire ne présente aucun danger pour l'Homme.