
Malheureusement, il ne sera plus possible de voter la réforme de la protection de la jeunesse et l'introduction d'un droit pénal des mineurs au cours de cette législature. Mais les travaux sur les amendements se poursuivent et "le changement de paradigme ne serait pas remis en question", a déclaré jeudi sur RTL Charel Schmit.
En revanche, le projet de loi renforçant les moyens de la lutte contre les abus sexuels et l'exploitation sexuelle des mineurs, devrait encore être voté pendant cette législature. Ce serait "extrêmement important du point de vue de la protection des mineurs et des droits des enfants." Là, la question qui domine est de savoir comment agir avec les jeunes qui n'ont pas atteint l'âge de la maturité sexuelle, c'est-à-dire qui ont moins de 16 ans, qui ont des relations sexuelles consenties entre eux. "Selon l'étude HBSC, cela représenterait environ 20% des mineurs de 15 ans. C'est pourquoi il serait important que si un âge de responsabilité pénale de 13 ou 14 ans est introduit, ces jeunes ne soient pas sanctionnés d'office pour leurs relations sexuelles." "C'est à présent précisé dans la loi avec une clause dite 'Roméo et Juliette'" et cela créerait une sécurité juridique, selon Charel Schmit
En cette fin d'année scolaire, l'Ombudsman est revenu sur un certain nombre de problèmes. A commencer par le harcèlement et le cyberharcèlement. Le "Happy Slapping" [quand une personne est agressée et que toute la scène est filmée, n.d.l.r.] "serait une nouvelle forme de violence apparue parmi les jeunes, qu'il faudrait suivre."Les écoles seraient également tenues d'y réagir soit pédagogiquement, soit avec les conseils de discipline. Il faudrait aussi faire beaucoup plus de prévention. "Les écoles doivent être des lieux sûrs, cela englobe aussi la cour de récréation et le chemin de l'école", selon l'OKaJu.
Il est difficile de dire si le harcèlement augmente, car les données précises manquent, selon Charel Schmit. "C'est en tout cas un phénomène qui change" et se développe énormément, "à cause de l'utilisation effrénée des médias sociaux." Les plateformes sociales qui ne sont pas bonnes pour les enfants d'un certain âge doivent être remises en question. C'est pourquoi, "dans les années qui viennent, il faudrait à nouveau sécuriser l'enfance en tant qu'âge protecteur, afin que les enfants n'entrent pas en contact trop tôt avec des contenus qui ne sont pas bons pour leur développement."
Limiter l'usage des téléphones portables dans les établissements scolaires
Une pétition, qui demande l'interdiction de TikTok au Luxembourg, a été récemment mise en ligne sur le site de la Chambre des députés. Cela ne surprend pas le défenseur des droits des enfants et des adolescents. "De plus en plus de pétitions seront lancées pour appeler le législateur à traiter de manière plus restrictive de telles plateformes, jusqu'à les interdire", selon Charel Schmit. "Il serait également bon que les écoles restreignent délibérément l'utilisation des téléphones portables et des tablettes afin de donner plus de chance à la coexistence analogique", d'après lui.
Du 19 au 21 juillet, l'OKaJu propose un séminaire estival sur la situation des droits des enfants et des adolescents au Luxembourg. Vous pouvez vous inscrire sur le site www.summerseminar.lu.