FrontaliersLes députés luxembourgeois veulent plus de télétravail

Thomas Toussaint
Un rapport des députés luxembourgeois a été débattu jeudi à la Chambre et propose d'augmenter significativement le nombre de jours de télétravail garantis aux frontaliers.
© Keith Pitts / ConvertKit / Unsplash

L'objectif est donné. Ce jeudi 6 juillet, les députés luxembourgeois se sont positionnés en faveur d'un rapport proposant d'offrir plus de télétravail aux frontaliers.

Le texte invite le gouvernement à négocier avec les trois pays voisins pour faire passer les seuils fiscaux du télétravail à deux jours par semaine. Soit environ 90 jours par an.

Les seuils fiscaux actuels, 34 jours pour la France et la Belgique, et bientôt pour l'Allemagne, "ne répondent pas encore à cet objectif" de démocratiser davantage le télétravail. "34 jours, c'est encore peu" confirme Marc Spautz, député CSV. "Il serait préférable d'aller encore plus haut. Mais on sait ce que les autres pays exigent en termes d'impôts donc c'est un bon premier pas."

La sous-commission tenue par les députés s'est toutefois réjouie des avancées obtenues ces dernières années. Les seuils ont augmenté avec tous les pays voisins et seront harmonisés en 2024 grâce au dernier accord signé avec l'Allemagne. C'est du temps "qui n'est pas passé dans les transports mais est disponible pour les hobbies, ou passés avec les enfants" argumente Sven Clement, pour le compte des Piraten. Jacques Delacollette, de l'OGBL, met en garde contre une perte d'attractivité: "Les frontaliers commencent à se demander si cela vaut encore le coup d'affronter les trajets vers le Luxembourg. La qualité de vie joue un rôle de plus en plus important pour de nombreuses personnes."

Surtout, un accord entré en vigueur le 1er juillet protège l'affiliation des frontaliers à la sécurité luxembourgeoise: ils peuvent télétravailler jusqu'à 2,5 jours par semaine tout en restent affiliés au Luxembourg.

En revanche, les députés ont marqué leur accord pour ne pas créer un droit au télétravail. Le recours au travail à distance restera "volontaire" mais ne sera pas assorti d'obligations. En d'autres termes, les députés ne souhaitent pas l'imposer à l'employeur. De ce point de vue, c'est donc le statu quo: le télétravail continuera à se négocier d'un commun accord entre l'employeur et le salarié. Les questions des emplois "non-télétravaillables", qu'il faudrait éventuellement compenser, et du rapport coûts-bénéfices du télétravail pour l'économie luxembourgeoise, restent ouvertes.

La balle est désormais dans le camp du gouvernement, mais plus certainement de la prochaine coalition car la tenue des élections début juin limite toute possibilité de réaliser une nouvelle avancée en si peu de temps.

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