Pour préserver l'au potableLes agriculteurs veulent accélérer la construction de bassins de rétention d’eau

Marc Hoscheid
adapté pour RTL Infos
Les études préalables prennent plusieurs années. C’est pourquoi il faudrait au moins que la procédure d’autorisation se déroule rapidement. Le ministère de l’Environnement se montre compréhensif.
Pour éviter de devoir recourir à l’eau potable, les agriculteurs demandent d’accélérer la construction de bassins de rétention d’eau.
© AFP (image d'archive)

Selon Christian Hahn, président de la Chambre d’agriculture, l’un des projets pilotes est entré en procédure d’autorisation il y a environ deux semaines, ce que lui a confirmé l’agriculteur concerné. Cependant, le projet est en préparation depuis sept ans déjà, période durant laquelle de nombreuses études et analyses de faisabilité ont été réalisées. Pour Christian Hahn, c’est tout simplement beaucoup trop long.

"C’est déjà un processus très lent. J’ai également parlé à la personne qui a déposé le dossier, et elle m’a dit qu’elle attendait maintenant de voir combien de temps il faudrait avant qu’une autorisation soit accordée. Le problème est aussi de savoir à quel moment on peut entamer la procédure d’autorisation, car tant qu’il n’y a pas d’accord de principe, il est difficile d’engager les moyens financiers nécessaires pour toutes ces études."

Il espère, et part du principe, que la procédure d’autorisation ne prendra plus que quelques mois, étant donné que le ministère de l’Environnement et les différentes administrations ont été impliqués dans les études et connaissent donc bien le dossier. Tom Schaul, responsable du Groupe Eau au ministère de l’Environnement, dit pouvoir se mettre à la place des agriculteurs concernés, tout en rappelant qu’il faut également tenir compte de l’intérêt général.

"Je comprends que les gens disent que cela prend beaucoup de temps. L’agriculture est soumise à une certaine pression de production qui devient particulièrement forte lorsque nous connaissons des conditions météorologiques extrêmes, comme celles de cet été et comme celles qui seront probablement plus fréquentes à l’avenir. Mais il est également important d’évaluer l’impact de ces bassins dans une perspective à long terme."

Si, par exemple, de l’eau devait être prélevée dans les cours d’eau, il faudrait veiller à ne pas les surexploiter. En été notamment, les niveaux d’eau sont souvent extrêmement bas. Et il y a un autre aspect qu’il ne faudrait pas oublier.

"C'est la qualité de l'eau. Il y a d’une part la qualité de l’eau nécessaire à l’irrigation. Il y a une différence selon qu’on arrose des arbres, des vignobles ou des cultures alimentaires. Il faut donc examiner quelle qualité d'eau de pluie est disponible, et déterminer de quelles surfaces provient cette eau de pluie."

Ainsi, par exemple, l’eau de pluie collectée dans les zones industrielles doit être traitée au préalable. La Chambre d’agriculture peut comprendre ces préoccupations. En revanche, elle se montre un peu plus sceptique face aux discussions sur la nécessité d’intégrer parfaitement les bassins de rétention dans le paysage naturel. Selon elle, on s’attarderait parfois à des détails.

"Ce sont des discussions qui reviennent régulièrement au préalable : si l’on laisse la terre excavée sur place et qu’on forme un talus autour du bassin, certains estiment que cela ne s’intégre pas à la nature. Mais lorsque l’on prend l’exemple de la nouvelle prison de Sanem, où des remblais de six mètres de hauteur ont été réalisés, cela n’a posé aucun problème. Je pense qu’il y a là des obstacles que nous devons aussi dépasser au niveau politique."

Le monde agricole est-il alors globalement déçu par le ministre de l’Environnement, Serge Wilmes, et par le CSV, parce que les choses n’avancent pas plus vite ? Il est difficile de répondre à cette question, car il n’est pas toujours évident que le ministère soit à l’origine des retards. Dans certains cas, d’autres acteurs sont également impliqués, comme les communes ou les syndicats intercommunaux, ce qui peut aussi avoir une incidence sur l’avancement des dossiers.

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