
"Cette décision intervenant à la suite d'un examen psychiatrique demandé par le Parquet national antiterroriste ne manque pas de nous étonner car en pratique" ces cas sont "très rares", écrit Me Bouzrou, en avançant une "récurrence préoccupante: lorsque l'attentat émane de l'extrême droite, la question psychiatrique s'impose très vite - l'auteur serait +forcément un déséquilibré+".
Il a donné l'exemple "d'un autre crime raciste à caractère terroriste: l'assassinat d'Aboubakar Cissé, poignardé de plus de cinquante coups de couteau dans la mosquée de La Grand-Combe" (Gard) en avril 2025. "L'auteur a été très rapidement présenté comme pénalement irresponsable, sur le fondement d'une expertise dont les conclusions n'ont toujours pas été confirmées à ce stade par un collège d'experts", a-t-il dit.
"Il ne s'agit pas de contester l'expertise psychiatrique ni l'article 122-1 du code pénal sur l'irresponsabilité pénale, qui sont des principes fondamentaux de notre droit", affirme Me Bouzrou.
Mais "la symétrie doit être la règle : mêmes expertises, mêmes délais d'appréciation, quel que soit le profil idéologique du mis en cause. Que l'expertise psychiatrique ne devienne jamais, dans les crimes racistes et terroristes, un raccourci commode pour éviter de nommer l'idéologie qui arme les bras", souligne-t-il.
Le Pnat a annoncé dimanche matin la suspension de la garde à vue de Kévin T. "à l'issue d'un examen psychiatrique (...) réalisé dans la soirée" de samedi.
"Conformément aux conclusions de l'expert psychiatre, l'intéressé a été transféré à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police (à Paris NDLR) afin d'y être soumis à une période d’observation psychiatrique susceptible de durer 48 heures", a-t-il ajouté, en précisant que "celle-ci doit permettre d'apprécier si son état de santé psychiatrique est compatible avec la possibilité de poursuivre ses auditions".
Le président Emmanuel Macron avait qualifié vendredi cette attaque de "terroriste raciste".