Malgré la criseL'économie luxembourgeoise a bien résisté

Romain Van Dyck
Lourdement frappée par la pandémie de COVID-19, l'économie luxembourgeoise accuse un recul de 4% mais résiste mieux qu'annoncé au printemps. Mieux que la plupart des pays européens. Il n'y aura pas de tranche indiciaire en 2021, assure le Statec ce jeudi.
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Ce n'est pas un secret: les acteurs économiques du pays ont lourdement souffert de la crise du Covid-19. Pour contrebalancer cela, le Grand-Duché a pris une série de mesures de soutien à l’économie, mais celles-ci coûtent cher et entraînent une forte dégradation des finances publiques cette année. Et alors qu’une deuxième vague d’infections frappe le pays, les prévisions pour 2021 restent très incertaines du fait de l'imprévisible évolution de la pandémie.

Pour le rebond attendu en 2021, "tout dépendra de la vitesse avec laquelle un ou plusieurs vaccins efficaces seront disponibles et de l’accueil que leur réservera le grand public, de la politique budgétaire et monétaire européenne et, finalement, du retour de la confiance" à échelle de la planète, indique le Statec qui a publié ce jeudi sa note de conjoncture.

L'ÉCONOMIE LUXEMBOURGEOISE S'EN SORT MIEUX

Les conséquences de la pandémie au 1er semestre 2020 ont fortement impactée l’économie luxembourgeoise. Mais comparée aux résultats des autres pays européens, elle a fait preuve d’une bonne résistance, notamment pour certaines activités de services.

Au 3e trimestre, les indicateurs laissent entrevoir un net rebond de l’activité. La dynamique s’essoufflerait cependant au 4e trimestre, notamment à cause de la nouvelle vague d’infections au coronavirus.

Les prévisions pour 2020 et 2021 tablent sur un recul du PIB de l’ordre de -3.5 à -4.5%. Pour 2021, la fourchette est beaucoup plus large, avec une croissance de 4% dans un scénario favorable mais un repli de -0.5% dans un scénario moins favorable.

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COÛTS SALARIAUX EN FORTE BAISSE, PAS DE TRANCHE INDICIAIRE L'AN PROCHAIN

Sur les derniers mois, l’inflation est restée plombée au Luxembourg par le repli des prix pétroliers et la gratuité des transports publics. La dissipation de ces effets, combinée au renchérissement des prix des produits pétroliers via la taxe CO2, devrait la porter à près de 2% au printemps 2021, par rapport à 0.7% encore en octobre 2020.

L’inflation globale devrait progresser de 0.9% pour 2020 à 1.8% en 2021. Les mesures de soutien aux entreprises ont fortement abaissé le coût salarial dans presque tous les pays européens au 2e trimestre 2020. Au Luxembourg, cela provient surtout des aides au chômage partiel.

Pour l’année 2020, le STATEC s’attend ainsi à une baisse du coût salarial moyen de près de 6%, mais il devrait rebondir autour de 6% l'an prochain. L’absence de tranche indiciairesur 2021 constituera un facteur de stabilisation. Comme le crise sanitaire a ralenti la hausse des prix, le prochain index n'aura pas lieu avant juin 2022.

Le relèvement du salaire social minimum en janvier 2021 ne devrait provoquer qu’une accélération très marginale des salaires.

LE LUXEMBOURG, SEUL PAYS OÙ L'EMPLOI NE BAISSE PAS

Le Luxembourg est le seul pays de la zone euro où l’emploi ne baisserait pas en 2020. Cela s’explique par les mêmes dispositifs de protection de l’emploi qu’en zone euro. Mais aussi par le fait que l’activité a baissé moins dans les secteurs les plus exposés à la crise et que certaines branches de services, traditionnellement très dynamiques, ont été peu touchées par la crise. Comme le secteur financier par exemple qui a eu recours massivement au télétravail.

Ainsi, suite au confinement strict de mars/avril, le chômage a explosé au Luxembourg, passant de 5.5% de la population active en février à 6.9% en mai. Avec le relâchement des contraintes, il est reparti à la baisse, mais cette tendance est en train de s’estomper.

Pour l’année 2020, le STATEC prévoit un taux de chômage de 6.4%, mais en fonction de la gravité de la seconde vague épidémique, il pourrait augmenter encore jusqu’à 1 point de % en 2021. L’emploi devrait progresser de 2% environ en 2020 et en 2021.

COUP DUR POUR LES FINANCES PUBLIQUES

Suite à la crise, les recettes publiques se sont effondrées au Luxembourg, mais la chute a été amortie par la bonne tenue des impôts prélevés sur les revenus des ménages et des cotisations sociales. La baisse prononcée des impôts sur les sociétés de plus de 20% contribue le plus à ce recul, mais elle tient pour partie au niveau exceptionnellement élevé de ces contributions sur le début de 2019.

Pour l’année 2020 dans son ensemble, le STATEC s’attend à une baisse des recettes publiques d’environ 2%. Pour 2021, un rebond se situant dans une fourchette allant de +2% à 5% est attendu, en fonction de la gravité de la vague épidémique hivernale.

Avec quelque +15%, l’envolée des dépenses publiques traduit les importantes mesures prises pour contrer les effets économiques et sociaux délétères de cette crise exceptionnelle. Avec ce chiffre, le Luxembourg se situe en haut de la fourchette sur le plan européen.

Au final, le solde très négatif de 2020 (-4.8% du PIB) pourrait se résorber déjà en 2021 (±0%). Toutefois, la deuxième vague en cours va tirer les recettes vers le bas, ce qui, à mesures constantes, entraînerait au pire des cas un solde négatif d’environ -2% du PIB.

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