
L'incident qui n'avait fait aucune victime, s'était produit le 27 août 2022 et avait seulement fuité quelques jours plus tard. Une partie de la voûte du Tunnel Schieburg s'est éboulée de façon spectaculaire sur une longueur de 4 mètres. Alors même que les CFL y réalisaient des travaux de maintenance et avaient prévu de renforcer la voûte à cet endroit.
Le tunnel ne rouvrira pas avant la fin des vacances scolaires de Pâques 2023. "Si on tient le planning des travaux et sans intempéries hivernales, on arrivera à la mi-avril 2023 pour la réouverture du tunnel", a annoncé Henri Werdel, directeur Gestion Infrastructures lors de la conférence de presse tenue ce mardi par les CFL en leur siège à Luxembourg-Gare et en présence du directeur général, Marc Wengler.
Des travaux qui dureront donc bien plus longtemps qu'annoncé. Initialement la compagnie ferroviaire luxembourgeoise prévoyait une reprise du trafic pour ce 11 décembre 2022, date du changement d'horaires 2022/2023. François Bausch, le ministre de la Mobilité lui-même, avait rétropédalé à la mi-octobre devant la Chambre des députés et maintenu le 11 décembre, comme date de réouverture du tunnel.
Les CFL prévoient de combler l'énorme trou de "20 mètres de haut, de long et de large" qui s'est créé au-dessus du point d'éboulement, de reconstruire la voûte du tunnel et de remettre en état rails et caténaires dans un phasage de huit étapes qui "ne peuvent pas être menées parallèlement, mais une après l'autre dans un ordre précis", a détaillé Henri Werdel.
Il s'agit à présent de commencer par stabiliser le "cône de déversement" par des injections de coulis de ciment et de béton projeté. Puis de remplir "la masse de roches instable et d'en remplir les trous par injection de matériaux". Les pierres éboulées seront alors enlevées pour accéder au trou et pour y passer des ancrages et les fixer à la roche stabilisée. Seront alors mis en place les nouveaux cintres de tunnel, comme planifié dès le début. Les mesures ont montré que la voûte même du tunnel "ne s'est pas déformée".
Comme l'a expliqué leur directeur général, les CFL tablent sur l'obtention de dérogations aux congés collectifs, mais aussi sur un travail posté (deux postes de 10 heures) et sur le fait de "travailler continuellement" jusqu'en avril 2023, exceptée une semaine lors des congés de cette fin d'année.
Depuis la semaine qui a suivi l'éboulement, les CFL ont mené des investigations géologiques d'envergure dans les entrailles de la montagne de schiste que traverse le tunnel. Histoire de disposer d'une image précise de la structure des sols et surtout de comprendre la raison de cet incident plutôt rare.

Une douzaine de forages de reconnaissance de 50 à 75 mètres de profondeur ont "permis de faire passer des caméras pour localiser les cavités à l'origine de l'éboulement". Des forages confortés par deux méthodes plus scientifiques -par impulsions électriques et sismologiques- pour disposer d'une tomographie du site.
Bilan: "Nous sommes en présence d'une situation géologique très exceptionnelle, car à l'endroit de l'éboulement se trouve non seulement une faille entre des couches plus solides, mais également d'un pli dans l'agencement des différentes couches. Et il s'avère que cette combinaison est favorable à la formation de poches de matériaux dispersés", résume Henri Werdel.
Depuis le 12 septembre 2022 et jusqu'à la mi-avril 2023 plus aucun train ne circulera donc sur le tronçon concerné de la ligne 10, soit entre Kautenbach et Clervaux. Cette dorsale relie non seulement le nord du pays à la capitale et à tout le réseau ferroviaire, mais aussi à Liège.
Les trains sont remplacés, dans les deux sens, par des bus de substitution mis en place par les CFL. Cette solution "sera encore adaptée dans les prochaines semaines" grâce aux renforts des bus RGTR, de cadence adaptée et de la création de P&R à Wincrange, Marnach et Hosingen.
