
Le CEO de Luxembourg for Finance a déclaré mardi matin sur RTL que l'accord du G7 était une étape sur la voie que le Luxembourg a toujours suivie. Il s'agit toutefois effectivement d'une étape "historique" ou "intéressante", car si cette nouvelle taxation internationale des entreprises devient réalité, les multinationales ne seront plus uniquement imposées là où se trouve leur siège, mais aussi là où elles font leurs affaires. Ce ne seront plus seulement les bénéfices qui seront taxés, mais aussi les revenus ou le chiffre d'affaires.
Nicolas Mackel a une nouvelle fois répété que le succès de la place financière était loin d'être uniquement de nature fiscale. A l'affirmation que les sociétés internationales viennent quand même aussi au Luxembourg parce qu'il y a ici une forme de société fiscalement très attractive, le CEO de Luxembourg for Finance a répondu que les firmes internationales ont d'autres raisons pour fonder des sociétés. Selon Nicolas Mackel, cela aurait aussi à voir au fait que ces sociétés ici au Luxembourg donnent des "assurances" et que le Grand-Duché est noté "triple A". Cela "rassurerait" les groupes. Par ailleurs, il a pointé tous les efforts de l'Union européenne ou de l'OCDE, qui auraient rendu aujourd'hui l'optimisation fiscale " si pas impossible, bien plus difficile".
Selon Nicolas Mackel, le fait que le géant américain du commerce en ligne, Amazon, n'ait pas ou pratiquement pas payé d'impôts l'an dernier via son siège européen, malgré un chiffre d'affaires toujours élevé, serait dû au fait qu'Amazon réinvestirait ses revenus et subirait donc des pertes. Que la fortune du président d'Amazon ait malgré tout augmenté, serait à rapporter au fait que la valeur des actions de son groupe a augmenté. A ce propos, Nicolas Mackel a néanmoins recommandé à Jeff Bezos de se payer un meilleur marketing. Si Jeff Bezos est critiqué parce qu'il s'offre un yacht à 500 millions de dollars, il vaut mieux faire de la philanthropie.
Si l'imposition n'est pas la raison du succès de la place financière luxembourgeoise, Nicolas Mackel a cependant mis en garde contre une augmentation permanente des impôts. Pour certains pays, les hausses d'impôts sont comme du "sucre" ou une "drogue", mais économiquement, ils ne voient aucune solution.