Vision pour l'agriculture européenneLe secteur est-il devenu plus attractif et résilient en un an ?

Céline Eischen
traduit pour RTL Infos
Il y a un an, le commissaire européen à l'Agriculture, le Luxembourgeois Christophe Hansen, présentait sa vision pour l'agriculture dans l'Union européenne.
© AFP

Le secteur doit devenir plus attractif, plus compétitif et plus résilient, notamment pour attirer davantage de jeunes vers les métiers de l’agriculture. Mais qu’en est-il de cette vision un an plus tard sur le terrain ? Et que dit l’opposition politique ?

“On est en train de couper la branche sur laquelle nous sommes”

Jeudi dernier, dans une ferme à Tandel : pendant l’interview de notre collègue de RTL, une vache a mis bas dans l’étable. Ce sont sans doute des moments comme celui‑ci qui font dire à Charel que son métier d’agriculteur est le plus beau du monde. Même si la vision de l’agriculture européenne portée par Christophe Hansen est un pas dans la bonne direction, les réductions budgétaires de l’UE inquiètent particulièrement les jeunes agriculteurs, explique Charel Ferring, président de l’association “Lëtzebuerger Landjugend a Jongbaueren” :

D’un côté, nous voulons donner confiance aux jeunes pour qu’ils puissent reprendre une exploitation, mais de l’autre, on est en train de couper la branche sur laquelle nous sommes, qui a pourtant soutenu financièrement beaucoup d’exploitations ces dernières années et les a surtout aidées à se développer. Et je pense que ce sont des points qui pèsent lourd sur les jeunes.

Seuls 12 % des agriculteurs en Europe ont moins de 40 ans. Davantage d’innovation et de résilience devraient rendre l’agriculture plus attractive. Mais de nombreux obstacles subsistent encore :

D’un côté, nous parlons du fait qu’on recevra peut‑être encore des subventions du ministère de l’Agriculture pour apporter de nouvelles idées innovantes, mais de l’autre côté, on ne les fait finalement pas approuver, ou bien on a d’autres procédures qui nous limitent à nouveau. Et je me pose personnellement la question, si nous ne devons peut‑être pas continuer exactement comme nous avons travaillé jusqu’à présent, mais nous ne pouvons pas non plus faire quelque chose de nouveau. Et là, je trouve difficile que les politiques disent en même temps que nous avons besoin de plus de jeunes. Je pense qu’il est évident que chacun s’interroge : cela n’a aucun sens.

Un commissaire luxembourgeois très présent, mais qui ne va pas assez loin

Le commissaire européen Christophe Hansen est très présent sur le terrain, il faut le lui reconnaître. Mais sa vision de l’agriculture ne va pas assez loin aux yeux des Verts, selon Tilly Metz :

En ce qui concerne vraiment la protection de l’environnement, la protection du climat et le bien‑être animal, il y a très peu de choses. Sur le bien‑être animal, il renvoie toujours à son collègue commissaire, celui qui porte justement cela dans ses attributions, tout en sachant pertinemment que l’agriculture est aussi en grande partie responsable, notamment à travers l’élevage. Les transports d’animaux relèvent également de l’agriculture. Là, il y a vraiment très peu.

La responsabilité en matière de protection de l’environnement et du bien‑être animal ne doit donc pas être déléguée aux seuls États membres : ce ne serait pas la bonne voie pour atteindre les objectifs climatiques européens.

Soutenir les jeunes agriculteurs

Lundi soir, dans une interview accordée au journal de RTL Télé, Christophe Hansen a répété qu’il souhaite rendre le métier plus attractif pour les jeunes agriculteurs et soutenir ces derniers que ce soit par des moyens financiers ou par une réduction de la bureaucratie.

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