
Une information divulguée durant les dernières semaines après que les députés de la Commission du contrôle budgétaire en aient été informés par le ministre de la Défense François Bausch. Le projet a été voté durant la dernière séance parlementaire du mois de juillet 2018, juste avant les élections.
Le ministre de la Défense s'était rendu la semaine dernière à la Commission du contrôle budgétaire en compagnie de conseillers de PricewaterhouseCoopers. Ils sont sensés réaliser une assistance à la maîtrise d'ouvrage pour le compte du ministère, un concept qui reprend les besoins d'utilisation du satellite, par qui, à quel moment et en utilisant quelles bases terrestres, etc.
PwC avait déjà réalisé un rapport répondant aux questions plus conséquentes, il a été repris ce lundi par la radio 100.7. Ce rapport a été réalisé entre novembre 2019 et février 2020 à la demande de l'actuel ministre de la Défense afin d'analyser le projet en profondeur. Certaines étapes d'une procédure normale auraient été omises.
Une société italienne et son fournisseur luxembourgeois sont particulièrement visés dans le cadre d'un plan de favoritisme à leur encontre pour une question de budget largement en dessous des besoins du projet. C'est en tout cas ce dont doute Sven Clement, député Pirates à la Chambre. Le ministre de la Défense ne souhaite pas lui donner la faute mais il est rapidement intervenu à la Chambre afin d'expliquer le problème. Selon lui, c'est surtout Étienne Schneider qui devrait à nouveau être entendu dans cette histoire car le projet a été lancé sous sa responsabilité.
Un coût total de 170 millions n'était déjà pas réaliste avant même la signature avec la société italienne OHB-I. 168 millions étant nécessaires pour la construction du satellite et des stations terrestres. Les coûts liés au fonctionnement sont également très élevés, puisque selon le rapport de PwC, "du personnel hautement qualifié" serait nécessaire dans ce projet. A cela s'ajoutent donc cinq millions d'euros de frais de personnel par an et également un budget conséquent de location des lignes de transmission avec la Belgique puisque les antennes y seront installées. La caserne Grand-Duc Jean ne pouvant pas accueillir une telle structure.
Deux autres dossiers ont été refusés lors de l'appel d'offres sur base d'un montant trop élevé. Il pourrait en fait s'agir, en prenant en compte les derniers détails, d'offres moins onéreuses que ce que le projet va finalement coûter à l’État, c'est à dire environ 350 millions d'euros.
La Commission du contrôle budgétaire se réunira une nouvelle fois à la fin du mois de mai et il sera intéressant de connaître les détails du concept financier, élaboré par PwC, mais également ce qui a déjà été entrepris avec les 170 millions du début.
Sven Clement s'est posé la question de savoir si ce projet était rationnel. Une interrogation que la présidente de la Commission du contrôle du budget Diane Adehm avait déjà formulée dans une interview accordée à RTL.
Avec un budget de plus de 300 millions d'euros, un projet de satellite est-il vraiment opportun en pleine période de crise ?