
Le projet de loi sur l'organisation de l'Armée luxembourgeoise est l'un de ceux qui doivent encore être soumis au vote des députés cette semaine. "Nous pensons que cela va très vite et nous espérons que ce n'est pas de la précipitation. Telle qu'elle est maintenant, c'est pour nous,la loi des occasions manquées," a dit Christian Schleck, le président du Syndicat de l'Armée.
"L'Armée aurait eu besoin d'une loi moderne." Le SPAL est particulièrement préoccupé par le système d'évaluation prévu. On se demande pourquoi un tel système, alors qu'il a été aboli dans la fonction publique elle-même. Il est question "d'éthique". Ce serait un terme sur lequel on pourrait tirer "comme sur un élastique", critique le SPAL. Nous aurions aimé que l'évaluation soit carrément retirée de la loi. De plus, une prime devrait être introduite, mais pas pour tous. A ce sujet, le syndicat revendique "une prime pour chacun, du soldat à l'officier".
Revaloriser le statut du soldat
Il y a toutefois aussi des aspects positifs dans la nouvelle loi, notamment l'introduction de nouvelles carrières: les carrières B1 et A2. Ce serait extrêmement important. Nous serions en retard par rapport au reste de la fonction publique, selon Christian Schleck. Pourtant ici aussi, "l'occasion de moderniser le statut de soldat en général, aurait été manquée". La carrière C2 aurait par exemple pu être introduite. Avec la nouvelle loi sur l'Armée, le ministre de la Défense considère que davantage de soldats pourraient être recrutés car ils auraient de meilleures opportunités de carrière et de meilleures possibilités de rémunération. Le président du SPAL voit les choses différemment. "L'introduction de nouvelles carrières ne signifie pas forcément que nous aurons plus de soldats ensuite". La seule chose obtenue pour les militaires avec la loi, c'est que leur contrat, leur CDD, est passé de trois à quatre ans et cela n'augmenterait pas l'attractivité de la profession. "Un soldat n'entre pas dans l'armée pour y rester toute sa vie, mais surtout pour avoir d'autres perspectives par la suite".
Il manque un plan de recrutement
Dans le même temps, le SPAL "considère avec scepticisme le nombre de militaires qui seront déployés" dans le nouveau bataillon de reconnaissance belgo-luxembourgeois de l'OTAN. Ils seraient relativement nombreux et on se demande d'où ils vont venir. D'ici 2030, 375 soldats devraient arriver du Grand-duché. "Il manquerait un plan de recrutement". Nous en avons fait la demande, mais aucune réponse ne serait encore arrivée, selon Christian Schleck. "Le statut serait en tout cas l'alpha et l'oméga pour revaloriser et recruter davantage de soldats à nouveau."
Si la loi sur l'organisation de l'Armée est votée vendredi, ce à quoi le SPAL n'est pas fondamentalement opposé, le statut du militaire devrait en tout cas être rediscuté par le prochain gouvernement. Avant les élections et "vu l'envergure, qui est donnée actuellement à la Défense", le syndicat revendique également "un ministère de la Défense autonome". Il serait également bon de créer un poste de "commissaire militaire", c'est-à-dire "une instance neutre et indépendante entre la Défense et le Parlement", selon Christian Schleck.