
“Globalement, la réforme fondamentale que nous avions espérée, fait vraiment défaut”, estime Michel Reckinger à propos des annonces du Premier ministre Luc Frieden concernant la réforme des retraites.
Le président de l’UEL affirme qu’il “sera largement insuffisant” de seulement relever progressivement les années de cotisation, comme l’a annoncé mardi le Premier ministre. “Et ce qui sera fait ensuite, ce sera de dire, bon, nous allons prendre une taxe quelconque, dans ce cas, probablement la taxe carbone et nous allons faire en sorte qu’avec l’argent qu’elle rapporte à l’Etat, nous tenions 15 ans de plus”, estime le président de l’UEL, qui admet que “cela aide certainement, mais que ce n’est pas la réforme fondamentale voulue”. Michel Reckinger souligne qu’il considère qu’”on ne peut pas faire de réforme des retraites sans retirer quelque chose à quelqu’un”.
Le gouvernement a toujours affirmé que les retraités actuels et ceux qui sont proches de la retraite ne perdront rien. Le représentant du patronat a clairement un point de vue différent. “Je prendrais un petit quelque chose à chacun pour que ce soit équitable ensuite”, affirme Michel Reckinger, si l’on veut parler d’équité entre les générations.
En ce qui concerne le dialogue social, “le Premier ministre a tenté de le relancer, après que les syndicats aient claqué la porte du Comité permanent du travail et de l’emploi en octobre dernier”, selon Michel Reckinger. Des réunions ont eu lieu entre le gouvernement et les partenaires sociaux. “Et nous avons remarqué lors de ces réunions que les syndicats viennent surtout avec des lignes rouges et ne donnent par conséquent aucune chance au dialogue social, selon nous.” L’UEL considère que “les trois partenaires doivent parler sur un pied d’égalité pour arriver à une modernisation du droit du travail”. Une modernisation qui doit passer par un renforcement du dialogue au sein de l’entreprise entre le patron et sa délégation “car ainsi on peut trouver des situations gagnant-gagnant, pour l’employé et l’employeur”, selon Michel Reckinger.
Au cours des 20 dernières années, des compromis ont certes été trouvés entre syndicats, employeurs et gouvernement, mais pour le président de l’UEL, il s’agissait “de compromis, où les ministres du Travail avaient toujours une carte de membre de l’OGBL, c’étaient plutôt des compromis dans le sens [des syndicalistes], où ils étaient probablement du bon côté de la table et les employeurs devaient serrer les dents. Mais il y avait des dialogues et ensuite le gouvernement décidait”.
Aujourd’hui, aussi, l’UEL souhaite un retour au dialogue social au niveau national et “qu’ensuite le gouvernement rassemble les arguments et prenne une décision sur cette base”. Mais Michel Reckinger déplore un “blocage” des syndicats à ce niveau, “qui n’est pas constructif”.
“La situation économique globale du pays n’est toujours pas bonne”, souligne Michel Reckinger. Le Luxembourg est “encore à la traîne en matière de productivité”.
“Oui, nous avons mis un frein à la tendance négative en matière de logement, mais nous ne pouvions pas tomber plus bas”, souligne le représentant des employeurs. “Des décisions importantes” devraient encore être prises, mais “il n’en a pas été question mardi dans le discours sur l’état de la nation”. En matière de logements, par exemple, Michel Reckinger souhaiterait que le gouvernement réfléchisse à prolonger les mesures d’aides aux particuliers, mises en place par le gouvernement et “qui fonctionnent”, au-delà du 30 juin 2025. Par ailleurs, il n’y a pas suffisamment de logements qui sont construits et vendus. Ils font défaut sur le marché immobilier. Michel Reckinger pense que le gouvernement doit faire “des ouvertures” en faveur des investisseurs “pour les attirer avec des mesures fiscales”. Un investisseur qui achète pour mettre en location est “mal vu politiquement” mais le marché en a besoin”, selon le président de l’UEL, qui souligne que si les prix des logements à construire ont diminué de 10%, il s’agit “plutôt de 20 à 30% en tenant compte des hausses des prix de construction dus à la guerre en Ukraine et à l’indexation”.