
Ces questions étaient au centre d'une conférence organisée par Eufores, le Forum européen pour les sources d'énergie renouvelable, en collaboration avec la Chambre des députés. La situation au Luxembourg y a été exposée et discutée pendant trois heures.
"Nous sommes un petit pays avec une demande en énergie très élevée. A cause de l'industrie, mais aussi du tourisme à la pompe," a souligné le ministre de l'Energie, Claude Turmes. Le Luxembourg ne pourra jamais être auto-suffisant à 100% en énergies renouvelables, a affirmé le ministre vert. Il faudra donc en importer et c'est pour cette raison que le Grand-Duché s'implique proactivement dans la politique européenne.
A propos de la taxe CO2, Claude Turmes a déclaré: "Je suis convaincu que cette taxe ne va plus disparaître, et qu'elle va être acceptée par la société. D'une part elle sera compensée pour les ménages qui en ont besoin, et le reste de l'argent alimentera la modernisation de l'économie. Je pense que dans deux-trois ans, les fondements seront bons et suffisamment bons pour que le prochain gouvernement puisse être encore plus ambitieux."
Au Luxembourg, le chauffage des bâtiments et la mobilité constituent l'essentiel des émissions de dioxyde de carbone. Pour obtenir des changements à ces niveaux, la question du financement se pose, a affirmé le directeur de l'ILR, l'Institut luxembourgeois de régulation, Camille Hierzig. Il faudrait organiser et améliorer les investissements:
"En regardant les taxes environnementales aujourd'hui, nous constatons que l'électricité représente la plus grande partie. Ce n'est pas très logique, parce que l'électricité va subsister et les énergies fossiles vont disparaître. Si nous faisons la transition, pourquoi avons-nous encore besoin de taxes sur l'électricité. Et je me demande aussi si c'est le bon signal. Nous ne devons pas augmenter les taxes, mais les répartir différemment, et taxer davantage les produits nocifs à l'environnement serait, selon moi, une approche qui alimenterait la prise de conscience."
Les adaptations réalisées en matière d'énergie solaire, de rénovation énergétique des habitations ou d'électromobilité, sont à saluer, mais il faudrait encore voir plus loin, être plus créatif, d'après le directeur de Greenpeace Luxembourg, Raymond Aendekerk:
"Nous avons besoin de plus d'engagement dans la politique, l'administration, les syndicats et l'industrie, l'agriculture, les écoles ..."
Pour Natascha Lepage, membre de "Youth for Climate Luxembourg", il faut définitivement en faire plus que ce qui a été réalisé ces cinq dernières années depuis l'Accord de Paris sur le climat:
"Ces dernières années nous ont montré que trop de temps avait été perdu avec des promesses vides. Un changement de système est nécessaire pour maîtriser la crise climatique."
Plusieurs projets luxembourgeois ont été présentés au cours de la conférence: Soler, la S.A. Energiepark Réiden, Enercoop ou encore Etika.