Eric Heimermann a 35 ans et vit au Luxembourg. Hormis son surpoids, des pieds et des mains plus petits que la normale, sa maladie, une “triploïdie en mosaïque”, n’est pas identifiable. “Jusqu’à l’âge de 3 ans, Eric était en sous-poids”, confie sa mère, Betty Heimermann. “Il n’avait pas le réflexe de succion. C’est pourquoi il avait du mal à manger. Ses biberons avaient un gros trou au bout du bouchon, sinon Éric n’aurait pas pu boire le lait. Il n’avalait que lorsque je le stimulais avec la tétine”, a poursuivi la mère d’Éric.
À presque 9 ans, on lui a diagnostiqué une maladie rare. Au début, les médecins ont cru qu’il s’agissait du “syndrome de Prader-Willi”. “Eric présentait tous les symptômes énumérés pour cette maladie, mais pas le handicap mental.”
Les années qui ont précédé le diagnostic de la maladie d’Eric ont été tout sauf faciles. “Personne ne savait ce qui se passait avec lui. Mon mari et moi avons été les premiers à le découvrir. Puis la famille”, a confié Betty. “Sa sœur, Liz, est née deux ans après lui. Eric a beaucoup appris d’elle. Il essayait de l’imiter en tout (…) Quand elle a commencé à monter les escaliers, Eric a fait de même. Quand elle a commencé à se hisser sur une chaise, son frère a fait de même. À cette époque, Eric avait 3-4 ans.”
Eric est né en 1989. En 1998, le diagnostic de la “triploïdie mosaïque” a été posé. Peu à peu, son entourage a su faire preuve de compréhension envers la famille.
Pour certains membres du personnel de l’école : “le problème d’Eric, c’est sa mère.” Sa motricité globale n’était pas tout à fait celle des autres enfants de son âge. À l’école maternelle, il lui était impossible de couper, par exemple. “Allez expliquer à un enfant pourquoi il est victime d’intimidation, même s’il fait de son mieux.” En lui, beaucoup de frustration s’accumulait à ce moment-là. Au fil du temps, on lui a diagnostiqué des épilepsies.
Sa soeur, Liz, est aujourd’hui éducatrice et travaille avec des enfants handicapés et autistes.
En novembre, cela fera 3 ans qu’Eric habite à Heisdorf dans les résidences du “Tricentenaire”, qui accueillent des personnes en situation de handicap physique et mental. Il travaille 4 heures par jour pour le ministère de l’Éducation. Même si beaucoup de choses ne sont “pas faciles”, Eric “veut vivre” en continuant d’accorder du temps à sa grande passion qu’est la photographie.
Le week-end, Eric rentre régulièrement visiter sa famille à Niederpallen. Ici Simba l’attend. C’est le chien de 2 ans et demi. Les deux se comprennent bien...