
Nicolas Maduro, président vénézuélien déchu, a été incarcéré samedi à New York après sa capture par les Etats-Unis lors d’une opération militaire, tôt samedi matin. Donald Trump a annoncé l’intention des Etats-Unis de “diriger” la transition au Venezuela et d’exploiter ses vastes réserves de pétrole. Mais l’avenir immédiat du Vénézuela, pays de 30 millions d’habitants, reste incertain. Les réactions se multiplient à travers le monde et celle du Luxembourg a été rendue publique, tôt ce dimanche matin.
Assurant suivre “de près les événements” au Venezuela, le gouvernement luxembourgeois “appelle au calme et à la retenue, pour assurer une sortie pacifique de la crise et éviter que cette crise ne crée davantage de souffrances pour la population vénézuélienne”, écrit le ministère d’Etat dans un communiqué publié peu avant 7h dimanche.
Pour le Luxembourg, “l’Union européenne peut jouer un rôle dans cette sortie de crise, aux côtés des partenaires régionaux et internationaux, dont les Etats-Unis”, pour faciliter un dialogue “avec toutes les parties et contribuer à une solution négociée et à une transition démocratique, menée par les Vénézuéliens, conformément au principe d’auto-détermination des peuples”.
Le ministère d’Etat rappelle que le Luxembourg, tout comme l’Union européenne, “n’a pas reconnu de légitimité démocratique au Président Maduro” et a “condamné les atteintes massives aux droits humains perpétrés par le régime Maduro, et en particulier la répression contre l’opposition démocratique”.
L’UE souhaite depuis longtemps une solution démocratique à la crise “qui soit menée par les Vénézuéliens et permette de rétablir la stabilité politique, la croissance économique et le bien-être social des millions de Vénézuéliens qui sont confrontés à des besoins critiques”, écrit encore le ministère d’Etat. Il glisse que pour l’heure, “aucune demande d’assistance n’a été enregistrée” et que seule “une vingtaine” de Luxembourgeois vivent au Vénézuela.
L’Union européenne a appelé samedi au respect du droit international au Venezuela et rappelé son attachement à une transition démocratique et pacifique, après l’attaque des Etats-Unis. Sur X, la cheffe de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas a dit avoir appelé à la “retenue”, lors d’un échange au téléphone avec le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio.
“Nous sommes solidaires du peuple vénézuélien et soutenons une transition pacifique et démocratique. Toute solution doit respecter le droit international et la Charte des Nations unies”, a déclaré de son côté la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, également sur X.
Emmanuel Macron a appelé samedi, sur X, à une “transition pacifique” et “démocratique” au Venezuela, en évoquant la fin de la “dictature Maduro”.
Il a plaidé pour que la transition, “respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien”, soit assurée “au plus vite” par Edmundo González Urrutia, candidat de l’opposition à la présidentielle 2024.
Le chancelier allemand Friedrich Merz a jugé que Nicolas Maduro avait “conduit son pays à la ruine”, et “joué un rôle problématique dans la région”, notamment en “impliquant le Venezuela dans le trafic de drogue”. L’Allemagne n’a pas reconnu les dernières élections vénézuéliennes, “truquées”, a rappelé M. Merz.
Le ministère allemand des Affaires étrangères a appelé “toutes le parties prenantes à s’abstenir de tout ce qui pourrait aggraver la situation à chercher une voie vers une solution politique”, rappelant que “les normes légales internationales doivent être respectées”.
La Chine a appelé dimanche les Etats-Unis à la libération immédiate du président vénézuélien, Nicolas Maduro, incarcéré samedi à New York après avoir été capturé lors d’une opération militaire dans la nuit de vendredi à samedi.
“La Chine appelle les Etats-Unis à garantir la sécurité personnelle du président Nicolas Maduro et de son épouse, à les libérer immédiatement et à cesser de chercher à renverser le gouvernement du Venezuela”, a réagi le ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué, qualifiant l’opération de “violation flagrante du droit international”.
“Ce matin, les Etats-Unis ont commis un acte d’agression armée contre le Venezuela. Ceci est profondément préoccupant et condamnable”, a déclaré samedi le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué, estimant que “l’hostilité idéologique a triomphé du pragmatisme économique”.
Le Venezuela est le principal allié de Moscou en Amérique du Sud.
Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, s’est inquiété “que le droit international n’ait pas été respecté”, déplorant un “dangereux précédent” et appelant “tous les acteurs au Venezuela à engager un dialogue inclusif, dans le plein respect des droits de l’Homme et de l’Etat de droit”. Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira lundi matin à la demande du Venezuela.