De premières puissantes explosions ont été entendues peu avant 02H00 du matin (07H00 au Luxembourg) à Caracas et dans les environs de la capitale, jusqu’à 03H15 (08H15 au Luxembourg), a constaté l’AFP.
Des images sur les réseaux sociaux ont montré des missiles fendant le ciel puis s’abattant sur leur cible. Des hélicoptères ont également été vus dans le ciel de Caracas.
Peu avant 12H00 (heure luxembourgeoise), un sénateur américain a affirmé que les États-Unis avaient achevé leur action militaire.
Le président Donald Trump a crié victoire samedi après l’opération nocturne des troupes américaines qui ont emmené de force le président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse pour les conduire devant un tribunal de New York afin d’y répondre d’accusations de “narcoterrorisme”.
“Je l’ai regardée littéralement comme j’aurais regardé une émission télévisée”, s’est enthousiasmé Donald Trump dans une interview à Fox News à propos de la capture. “Nous l’avons regardée dans une salle et nous en avons suivi toutes les étapes”, a ajouté le président américain joint par téléphone dans sa résidence Mar-a-lago, en Floride (sud-est), sans préciser qui était également présent avec lui.
Nicolas Maduro se trouvait dans “une forteresse”, mais tous les militaires américains impliqués dans l’opération en sont revenus vivants, s’est félicité Donald Trump. “Il était dans un endroit très bien gardé, comme une forteresse”, a-t-il dit. “Le fait que personne n’ait été tué est incroyable”, a estimé Donald Trump, ajoutant que “deux hommes ont été touchés, mais ils sont revenus et sont en bonne forme”. “Je suis fier d’être américain”, a-t-il ajouté.
Nicolas Maduro et son épouse, Cilia Flores, vont être conduits à New York, a-t-il précisé. “Ils seront amenés à New York. Ils ont été inculpés à New York”, a rappelé le président américain, faisant écho à une précédente déclaration de sa ministre de la Justice, Pam Bondi, selon laquelle le couple est poursuivi notamment pour “narcoterrorisme”. “Ils sont à bord d’un navire mais ils se dirigent vers New York”, a souligné Donald Trump, ironisant sur le fait qu’ils avaient dû “adorer” leur vol en hélicoptère jusqu’à ce navire.
La ministre Bondi a affirmé sur X que M. Maduro et son épouse, “feraient bientôt face à toute la rigueur de la justice américaine, sur le sol américain, devant des tribunaux américains”. Ils sont poursuivis devant un tribunal fédéral de New York pour des chefs de “narcoterrorisme” et de “complot pour importation de cocaïne” aux Etats-Unis, a-t-elle dit.

Donald Trump a affirmé que Washington ne laisserait aucune personnalité du régime vénézuélien succéder à son homologue Nicolas Maduro. Il a assuré ensuite que les États-Unis “dirigeront” le Venezuela en attendant une transition “sûre”. “Nous allons diriger le pays jusqu’à ce que nous puissions procéder à une transition sûre, appropriée et judicieuse”, a dit le président américain lors d’une conférence de presse en Floride, ajoutant que les Etats-Unis étaient prêts à lancer “une seconde attaque plus importante si besoin”.
“L’heure de la liberté est arrivée”, a aussitôt lancé la cheffe de l’opposition vénézuélienne, Maria Corina Machado, prix Nobel de la paix 2025. Elle a estimé que le candidat de l’opposition à la présidentielle de 2024, Edmundo Gonzalez Urrutia, doit “assumer immédiatement” la présidence “et être reconnu comme Commandant en chef de la Force armée”. “Le Venezuela sera libre”, a-t-elle tonné.“Ce sont des heures décisives, sachez que nous sommes prêts”, a emboité M. Gonzalez Urrutia, en exil en Espagne.
“Pour l’heure, la frappe de Trump contre le Venezuela n’a pas abouti à un changement de régime, mais à un changement de dirigeant. Le régime demeure, et tout ce qui a été accompli, c’est de capturer Maduro, tuer des personnes, enfreindre le droit interne et international, et s’aventurer dans l’inconnu”, a estimé Stephen Wertheim, du centre Carnegie Endowment for International Peace.
Donald Trump a déclaré qu’il autoriserait les compagnies pétrolières américaines à se rendre au Venezuela pour exploiter ses réserves de brut, ajoutant que l’embargo américain sur le pétrole vénézuélien restait en vigueur après l’opération militaire contre le président Nicolas Maduro.
“Nos très grandes compagnies pétrolières américaines, les plus importantes au monde, vont se rendre sur place, dépenser des milliards de dollars, réparer les infrastructures gravement endommagées (...) et commencer à générer des revenus pour le pays”, a dit le président américain lors d’une conférence de presse en Floride. “L’embargo sur tout le pétrole vénézuélien reste pleinement en vigueur”, a-t-il aussi souligné.
Des explosions suivies de panaches de fumée et d’incendies ont visé le Fuerte Tiuna, le complexe militaire le plus important du Venezuela, qui abrite le ministère de la Défense et l’Académie militaire. De très vaste étendue, il abrite non seulement des structures militaires, mais aussi des espaces urbains de logement de troupes où vivent des milliers de familles.
À une des portes d’entrée - toujours gardée -, un petit blindé et un camion portaient des impacts visibles de balles, ont constaté des journalistes de l’AFP.
Des habitants fuyaient la zone au petit matin avec valises et sacs. Ils ont refusé d’être interviewés, mais une habitante a lancé qu’elle partait “parce qu’ils ont failli nous tuer”.
D’autres explosions ont retenti près du complexe aéronautique de La Carlota, aéroport militaire et de vols privés, dans l’est de Caracas. Un petit blindé brûlant et un bus calciné étaient visibles, ont constaté des journalistes de l’AFP.
Des explosions ont également été rapportées dans l’ouest du pays, à la Guaira (aéroport international et port de Caracas), à Maracay, capitale de l’État d’Aragua (100 km au sud-ouest de Caracas), et à Higuerote (100 km à l’est de Caracas) dans l’État de Miranda, sur la côte Caraïbe.
Le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino Lopez, a accusé l’armée américaine d’avoir frappé “au moyen de missiles et de roquettes tirés depuis leurs hélicoptères de combat des zones résidentielles de population civile”. Aucun bilan humain n’a été communiqué à la mi-journée par les autorités vénézuéliennes.
Donald Trump sur Fow News s’est lui félicité qu’aucun soldat américain n’avait perdu la vie dans l’opération.

La Russie, allié principal du Venezuela, a condamné “un acte d’agression armée”, rejetant “les prétextes utilisés pour justifier de telles actions” et regrettant que “l’hostilité idéologique ait triomphé du pragmatisme d’usage”.
Autre soutien du Venezuela, l’Iran a pointé une “violation flagrante de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale du pays”, fustigeant “l’agression illégale des États-Unis”, ennemi de la République islamique.
En Europe, la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, a appelé à la “retenue” et au respect des “principes du droit international et de la Charte des Nations unies”. L’Espagne s’est proposée pour jouer les intermédiaires, se disant “disposée à offrir ses bons offices pour parvenir à une solution pacifique et négociée à la crise actuelle”.
Le Venezuela a demandé samedi une réunion d’urgence du Conseil de sécurité.