Il n'a "aucune valeur"Le Luxembourg dit "non" au certificat de virginité

RTL Infos
La santé sexuelle était le sujet de l'interview de la présidente du Planning Familial Ainhoa Achutegui sur RTL ce lundi matin.
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Plusieurs femmes se présentent chaque année auprès du Planning Familial afin de recevoir un certificat de virginité. Mais malgré le nombre très limité de demandes, il est important pour l'organisation de souligner qu'en tant que société, le Luxembourg ne soutient pas ce genre de procédure. Ainhoa Achutegui, présidente du Planning Familial, était très claire sur ce sujet.

Le mouvement soutient donc ouvertement une pétition lancée par des particuliers qui a déjà récolté assez de signatures afin d'être débattue publiquement à la Chambre des députés.

Les femmes qui demandent un tel certificat se trouvent dans des situations très diverses mais agissent très souvent sous la pression de leurs familles respectives. Le Planning Familial peut cependant leur venir en aide afin de leur procurer des conseils, comme une aide psychologique. Les responsables essaient également de travailler avec les familles pour mieux agir au cœur du problème.

Ainhoa Achutegui a également précisé que les médecins luxembourgeois ne délivrent généralement pas ce genre de certificat: "d'un point de vue médical, ce certificat n'a aucune valeur, et ce document est très préoccupant d'un point de vue sociétal", affirme la présidente du Planning Familial.

Pour une réforme de la loi sur l'avortement

L'invitée de RTL est également revenue sur le bilan de l'année passée. Elle a déclaré ne pas être alarmée par la légère hausse de 17% des avortements en 2022, car les chiffres avaient également reculé lors de la pandémie. Pour Ainhoa Achutegui, ces chiffres montrent plutôt un bon travail d'éducation sexuelle.

"En moyenne, une grossesse est interrompue entre la 4e et la 5e semaine, ce qui est relativement tôt", souligne Ainhoa Achutegui, "mais ces femmes sont en règle générale assez convaincues de leur décision et elles viennent immédiatement nous voir lorsqu'elles sont conscientes qu'elles ne veulent pas garder leur enfant". Le Planning Familial demande cependant une hausse du nombre de semaines à ne pas dépasser en cas d'avortement (de 12 à 14 semaines), car les femmes qui prennent cette décision se trouvent souvent dans une situation très délicate, au vu de leur très jeune âge, après un déni de grossesse ou parce qu'elles sont tombées enceintes après un viol, notamment, car "les facteurs sont très nombreux", explique la présidente du Planning Familial.

De plus en plus de personnes sans couverture par la sécurité sociale se présentent au Planning Familial qui doit alors travailler avec Médecins du Monde afin de pouvoir venir en aide à des personnes en situation très précaire.

Le Planning Familial demande donc une réforme de la loi sur l'avortement dans le cadre des élections législatives du mois d'octobre, même si le texte en vigueur au Luxembourg est l'un des plus libéraux en Europe. Les chiffres le montrent, le travail d'éducation sexuelle fonctionne très bien mais certaines adaptations sont encore nécessaires sur le terrain.

Le viol est également un sujet récurrent lors des consultations, le Planning Familial demande donc dans ce sens une véritable structure d'accueil pour les personnes concernées ainsi qu'un regroupement plus clair des différents interlocuteurs.

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