
L'économie luxembourgeoise se serait redressée rapidement après la pandémie de coronavirus et aurait également un certain succès maintenant avec ses mesures pendant la crise énergétique. Malgré tout, le Grand-Duché serait confronté aux conséquences de la guerre en Ukraine, tel est le constat de l’Organisation de coopération et de développement économiques dans son dernier rapport présenté jeudi. Les économistes de l’OCDE y soulignent aussi un certain nombre de problèmes structurels, qui rendent plus difficile une croissance durable. Du plafonnement des prix de l’énergie, qui ne serait pas assez ciblé, à l’index qui risque d’aggraver l’inflation, en passant par la réforme du système fiscal.
Qu’une individualisation du système fiscal est nécessaire, la ministre des Finances, Yuriko Backes, et les experts de l'OCDE sont d’accord sur ce point. La ministre maintient pourtant que ce n’est pas possible actuellement.
Yuriko Backes: "J’aimerais beaucoup m’y consacrer, Je vais aussi y travailler. Je pense que c’est quelque-chose qui est très important, je l’ai déjà dit. Cela prend du temps, mais je pense qu’il faut aussi des moyens financiers pour y arriver. Nous ne sommes pas dans cette situation actuellement. Mais comme je l’ai déjà dit aussi, c’est quelque-chose que nous devrions vraiment faire. Ce serait important pour notre pays, en fait indispensable. C’est reporté, ce n’est pas annulé. "
Par ailleurs, de gros changements seraient nécessaires pour atteindre les objectifs climatiques, notamment en matière d’aménagement du territoire, peut-on lire dans le rapport. En matière de trafic individuel, il faudrait un recul massif. Une exigence que le ministre de l’Aménagement du territoire, Claude Turmes, considère d’un œil critique.
Claude Turmes: "Notre approche est qu’il faut d’abord fournir une alternative. Je ne peux pas aller dans un quartier et dire je supprime ces places de parking, si je n’ai pas construit auparavant un petit parking, où les gens pourront facilement déposer leur voiture. C’est aussi quelque-chose que j’essaie de faire avec le nouveau Programme directeur d'aménagement du territoire, qu’il faut d’abord qu’il y ait une offre pour les gens et alors ces derniers participent et on n’a peut-être pas besoin de recourir aux sanctions parfois suggérées par l’OCDE. »
Un autre point important du rapport est le système de retraites, qui ne serait pas suffisamment durable à long terme et le fait que les résidents luxembourgeois partent à la retraite très tôt en moyenne. Il ne faudrait pas surestimer cela, selon le ministre de l’Economie, Franz Fayot.
Franz Fayot: "Là, tous les secteurs sont repris. Y compris la fonction publique. Et nous savons que chez nous, les gens partent tôt à la retraite. Nous savons que nous devons y travailler et c’est très clairement aussi une partie du problème. »
L’OCDE considère aussi d’un œil critique l’évolution des prix du logement ainsi que la biodiversité, qui serait massivement sous pression au Luxembourg.