
Dans cette campagne électorale, les socialistes défendent la remise en question du droit de veto dans l'Union européenne dans certains domaines, précisément en matière de politique étrangère et en matière fiscale. Même si cela peut être contraire aux intérêts de la place financière luxembourgeoise. "Des dossiers très importants" restent en plan, si un pays peut tout bloquer avec son veto, selon la jeune candidate, élue l'an dernier au conseil communal de Rambrouch. Selon elle, nous sommes encore loin d'un système fiscal juste et équitable.
L'eurodéputé libéral Charles Goerens, tête de liste du DP, considère également de manière critique le principe d'unanimité. En revanche, au Parlement luxembourgeois, son parti, ainsi que le CSV et l'ADR se sont prononcés en faveur du maintien de ce principe dans une motion. Selon eux, le Luxembourg ne doit en aucun cas remettre en question l'unanimité.
Dans cette campagne, le LSAP s'engage avant tout pour une politique plus sociale et plus juste. Pas parce que le Commissaire européen socialiste Nicolas Schmit n'a rien fait ces dernières années. Le Commissaire à l'emploi et aux droits sociaux s'est notamment montré très actif pour la création d'un salaire minimum européen, selon Danielle Filbig. Mais en ce qui concerne les conditions de travail équitables dans l’UE, par exemple, il reste encore de la marge pour une amélioration.
La co-tête de liste socialiste reste critique à l'égard du Pacte européen sur la migration et l'asile, qu'elle n'a pas voté, a-t-elle répété sur RTL. Son collègue de parti, Marc Angel, ne l'a voté qu'avec beaucoup de réticence, afin d'avoir au moins une certaine base. Mais pour elle, ce qui est proposé ne respecte pas les droits de l’homme et ne va tout simplement pas assez loin. Même en étant dans le même parti, on peut avoir des différences. C'est trop facile d'avoir toujours le même avis, selon elle.
Danielle Filbig envisage avec réalisme ses propres chances aux élections européennes. Elle considère cette campagne en tant que co-tête de liste, avant tout comme une opportunité. Si les électrices et les électeurs lui accordent leur confiance le 9 juin, elle effectuera évidemment son mandat à Bruxelles et Strasbourg. C'est très clair.
D'autres candidats, tels que Mars Di Bartolomeo et Liz Braz, se sont montrés plus circonspects lors de récents entretiens. On n'a pas encore entendu un "oui" clair de la part des deux élus, arrivés respectivement en 1e et 3e position du dernier sondage Politmonitor réalisé par Ilres pour RTL et le Wort. Cependant, "personne n’a encore dit qu’il ne l’accepterait pas le mandat", a répliqué la candidate socialiste.
Il s’agit avant tout de constituer une liste aussi forte que possible. Ces élections sont extrêmement importantes pour le LSAP. Et le parti est très fier que trois de ses candidats figurent dans le top 5 du dernier Politmonitor.