
“Le Luxembourg a besoin d’une commission des cas de rigueur pour régulariser les demandeurs d’asile”, tel est en tout cas l’avis du LSAP. C’est à la demande du parti d’opposition que ce point a été discuté mercredi au sein de de la commission des Affaires intérieures. Tout comme son prédécesseur socialiste, Jean Asselborn (en charge de l’Immigration dans les gouvernements précédents, ndlt), le ministre Léon Gloden considère que ce n’est pas nécessaire.
Léon Gloden juge que son ministère coopère très bien avec le forum des ONG, qui comprend le CLAE (Comité de liaison des associations d’étrangers), HUT (Hëllef um Terrain) et l’Asti (Association de soutien aux travailleurs immigrés):
“Ils nous remettent les dossiers qui leur sont déposés. Il y a trois à quatre réunions par an avec mes collaborateurs, où les dossiers sont examinés, ensuite je les reçois et je décide sur la base de ces avis de régulariser ou non ces personnes.”
Une centaine de personnes ont été régularisées l’an dernier, précise le ministre des Affaires intérieures, qui souhaite maintenir une certaine flexibilité. La députée LSAP Liz Braz n’est pas d’accord.
“Je trouve qu’il devrait y avoir des règles très transparentes et claires, grâce auxquelles les gens devraient pouvoir s’informer à tout moment de leurs chances par rapport aux règles et aux critères qui leur sont imposés. Je pense que le ministre ne doit pas jouer au juge sur le sort de ces personnes.”
Pour Liz Braz, il s’agit aussi de créer de nouvelles possibilités de régularisation:
“Le fait est que nous avons effectivement des gens qui attendent des années [l’aboutissement de ] de leur procédure, des années avant d’obtenir leur jugement en dernière instance, entretemps, ils ont des enfants qui ont été longtemps scolarisés, ils ont déjà un travail et après des années, on leur dit: ‘ça n’ira pas’. Mais nous avons une demande sur le marché du travail. Au cours des prochaines décennies, nous aurons besoin de beaucoup plus de personnes qu’il y en a actuellement au Luxembourg, ce qui signifie que nous dépendrons de ces personnes. Il serait alors au fond logique de voir si on ne peut pas garder ces gens ici via le travail, même s’ils n’ont pas obtenu le statut de réfugié.”
Mais sur ce point non plus, le LSAP n’a pas obtenu satisfaction. Léon Gloden a conclu qu’aucune mesure supplémentaire n’est nécessaire et qu’il agira dans le cadre légal.