
"Nous courons en permanence derrière les crises", a déclaré mercredi à la Chambre le député LSAP Yves Cruchten, lors du débat qui a suivi la déclaration de politique étrangère du ministre Xavier Bettel. Selon lui, une politique économique engagée est nécessaire, mais la politique étrangère doit aller bien au-delà de cette seule dimension.
"Dans le discours d’hier, le mot économie est cité plus de 40 fois, le mot droits de l’homme deux fois et le mot démocratie une seule fois. Bien entendu, on ne juge pas une politique étrangère au nombre de mots prononcés dans un discours. Mais la question politique qui se pose derrière est parfaitement légitime : que se passe-t-il lorsque nos intérêts économiques et nos principes ne vont pas dans la même direction ?"
Les Verts comme les Pirates ont salué le fait que Xavier Bettel ait précisé dans son discours que le Luxembourg s’engageait sur la voie d’une interdiction des importations de produits provenant des colonies israéliennes illégales, même en l’absence d’une majorité européenne en faveur d’une telle mesure. Le député pirate Sven Clement a qualifié cette annonce de signal positif et approprié :
"Mais une interdiction ne vaut que par les contrôles qui l’accompagnent, et nous attendons qu’elle soit appliquée avec la plus grande sévérité, avec des règles claires concernant l’origine des produits, avec des contrôles et, en cas de doute, qu’on préfère refuser quelque-chose de trop."
Sven Clement a toutefois critiqué le fait que le ministre des Affaires étrangères ait dit dans sa déclaration que des élections ne pourraient avoir lieu en Ukraine que quand les bombes cesseraient de tomber, tout en plaidant pour la tenue d’élections en Palestine.
En réponse, Xavier Bettel a souligné que le Luxembourg était prêt à participer à une mission d’observation électorale de l’Union européenne en Palestine.