
Suite à l’affaire de fraude qui secoue la commune de Differdange, le ton se durcit entre l’opposition et le collège échevinal. En cause : près de 400.000 euros que la commune avait virés en mai dernier sur le mauvais compte bancaire à la suite d’une escroquerie orchestrée par des criminels. Le cabinet d’architectes auquel les fonds étaient destinés avait en effet été victime d’un piratage informatique. Au final, l’argent a fini sur un compte bancaire aux Pays-Bas.
Pour Laura Pregno, conseillère verte, cette affaire se traduit par une perte de confiance. L’opposition voudrait des réponses concrètes : pourquoi la communication a-t-elle été aussi tardive ? Comment les contrôles internes ont-ils été renforcés ? Et que se passe-t-il lorsqu’une banque émet une notification dite de non-correspondance (No-Match Notification), signalant que le nom du bénéficiaire et le numéro de compte ne concordent pas ?
Lors de la réunion du conseil communal, il a également été question de la formation du personnel, des investissements en matière de cybersécurité ainsi que du rôle de l’opposition dans la politique d’information de la commune.
La revendication de l’opposition est claire : elle souhaite être considérée comme un partenaire à part entière au sein du conseil communal, a souligné la conseillère de déi Gréng.
Au cours de la réunion du conseil, le bourgmestre a reconnu que le conseil communal aurait dû être informé plus tôt. Pour l’opposition, cet aveu ne suffit toutefois pas. Dans le même temps, Guy Altmeisch a déploré qu’aucun membre de l’opposition ne se soit renseigné auprès du receveur communal, alors que le collège échevinal avait indiqué que cette possibilité existait.
Concernant la prévention, le bourgmestre a souligné que toute anomalie ou tout doute lié à une opération devait faire l’objet d’une vérification. À la suite de cette fraude, les contrôles des coordonnées bancaires ont été renforcés. Il a également fait référence à une nouvelle circulaire du ministère des Affaires intérieures ainsi qu’aux formations proposées par le SIGI, le Syndicat intercommunal de gestion informatique et le Syvicol, le Syndicat des villes et communes luxembourgeoises.
Au nom de l’opposition, réunissant déi Gréng, déi Lénk et le DP, le conseiller libéral Fränz Meisch a réclamé un engagement clair en faveur de la coopération. À défaut, l’ensemble de l’opposition demandera la démission du collège échevinal. Selon lui, on a tenté d’étouffer l’affaire, ce qui expliquerait pourquoi l’opposition n’a été informée qu’après quatre mois.
"C’est incroyable", a réagi le bourgmestre. Guy Altmeisch s’est dit déçu et a rappelé la relation collégiale qui avait prévalu au cours des trois dernières années. Il a souligné que la commune avait elle-même été victime de criminels et qu’elle avait immédiatement pris contact avec les banques ainsi qu’avec la police. La priorité était alors de récupérer les fonds détournés. Il a toutefois précisé qu’il avait fallu attendre 30 jours avant d’obtenir une réponse des banques.