
Le Laboratoire Bionext de Leudelange craint pour son avenir, suite à la nouvelle orientation du Large Scale Testing (LST).
Le gouvernement a annoncé la semaine dernière qu'une invitation ne sera plus nécessaire pour se faire tester au LST. Les gens pourront aller s'y faire tester gratuitement sur rendez-vous. Des tests qui seront exclusivement effectués par les Laboratoires réunis, un laboratoire privé.
Pour le gouvernement, il s'agit avant tout d'accorder une faveur à ceux qui n'ont pas encore été vaccinés. Une excellente idée, dit le directeur de Bionext, mais pas mise en oeuvre de cette façon.
Si les gens peuvent aller se faire tester là sans débourser un euro, plus personne n'ira dans un autre laboratoire privé. Chez Bionext, un test PCR coûte à ce jour 60 euros. Des recettes qui pourraient à présent très rapidement s'envoler à cause des projets du gouvernement, selon le docteur Jean-Luc Dourson, qui parle d'urgence, d'une situation très critique dans laquelle se retrouverait son entreprise.
"Ne plus avoir aucune activité Covid signifie perdre 80% de notre volume financier. Au cours des 18 derniers mois, nous avons énormément investi, en matériel et en personnel, nous sommes passés de 140 à plus de 200 collaborateurs, pour gérer cette crise sanitaire. Si ces activités disparaissent du jour au lendemain, ce sera dramatique pour notre fonctionnement et je m'inquiète d'une restructuration, que cela pourrait induire dans notre entreprise."
Jean-Luc Dourson parle de concurrence déloyale, qui serait financée avec l'argent des contribuables.
"Nous parlons de tests gratuits, mais ils ne le sont pas vraiment. Ils sont sans frais pour la population, mais il y a bien quelqu'un qui paye ces tests et c'est le contribuable. C'est le budget de l'Etat qui rembourse ces tests au laboratoire. Et actuellement, un seul laboratoire en profite."
Voilà pourquoi Jean-Luc Dourson a adressé une lettre ouverte à la ministre de la Santé, Paulette Lenert, avec la demande précise "de faire en sorte que ces tests, qui sont sans frais pour la population, ne puissent pas uniquement être réalisés dans le cadre du LST, mais dans tous les laboratoires. Si telle est la volonté du gouvernement, nous la soutiendrons à 200%, mais nous ne pouvons pas soutenir un traitement inéquitable, qui enfreint les règles de la concurrence."
Dans le même dossier, le CSV a posé une question parlementaire urgente à la ministre de la Santé. Le parti d'opposition souhaite notamment savoir pourquoi les résidents ne peuvent pas aller se faire tester gratuitement dans le laboratoire de leur choix.
Le reportage en langue luxembourgeoise: