
Même si le Conseil de gouvernement n’a pas encore tranché définitivement concernant le salaire social minimum et son augmentation attendue en vertu d’une directive européenne, le ministre du Travail Marc Spautz laisse transparaître une tendance nette dans son interview à RTL : le gouvernement devrait “très probablement” prendre une décision avant Pâques.
Pour le ministre, une chose est certaine : le mécanisme en vigueur depuis les années 1970 doit s’appliquer cette fois encore. À savoir l’adaptation du salaire minimum en fonction de l’évolution générale des salaires dans les entreprises. On examine ” ce qui a été ajouté dans les entreprises au cours des deux dernières années “, et cette évolution doit se refléter dans le salaire minimum.
En réponse à l’appel de la Fédération des artisans de supprimer le salaire social minimum qualifié (3244,48€ brut), il a réaffirmé que celui-ci n’allait pas disparaître et resterait fixé à 20 % au‑dessus du salaire minimum non qualifié (2703,74€ brut).
Selon Marc Spautz, une suppression de ce salaire qualifié ne serait “pas la bonne voie” à prendre. Il met également en garde contre un mauvais signal envoyé aux salariés qui, malgré leur travail, sont sous pression financière. Ce serait un “mauvais message “, en particulier envers ceux “qui vont travailler tous les jours “, de ne pas leur accorder cette adaptation du salaire minimum.

En même temps, le ministre reconnaît les inquiétudes des entreprises, surtout là où de nombreuses personnes perçoivent le salaire social minimum. Il affirme qu’il est évident que les entreprises doivent être accompagnées lors de telles adaptations. Le gouvernement réfléchit actuellement aux aides et mesures possibles pour éviter de mettre en danger la compétitivité. Il n’a toutefois pas souhaité donner de détails concrets pour le moment.
Actuellement, les positions des syndicats et du patronat sur la question du salaire minimum sont très éloignées. Le ministre du Travail rappelle qu’en plus des ajustements légaux traditionnels du salaire minimum, la directive européenne doit être transposée. Cela inclut l’élaboration d’un plan d’action visant à augmenter le nombre de conventions collectives. Tous ces points font actuellement l’objet de discussions avec les partenaires sociaux. Dans ce contexte, le ministre plaide également à nouveau pour le retour de la tripartite et juge que les discussions bilatérales actuelles avec le patronat et les syndicats ne suffiront pas à long terme.
Malgré les tensions actuelles entre les partenaires sociaux, Marc Spautz s’est montré prudemment optimiste pour conclure. Et a évoqué une réunion constructive à la table du Comité de coordination tripartite jeudi. Avant de souligner qu’il reste essentiel — y compris dans le cadre de l’intelligence artificielle — de garder à l’esprit à la fois les intérêts des entreprises et ceux des salariés.