
"Ce n'est pas seulement une catastrophe, c'est dramatique!", a lancé ce lundi matin au micro de RTL Alain Rix, président de président de l'Horesca, la Fédération nationale des hôteliers, restaurateurs et cafetiers du Grand-Duché qui représente près de 18.000 salariés.
Suite à l'annonce de Xavier Bettel et Paulette Lenert de prolonger la fermeture des restaurants et cafés jusqu'au 21 février, les concernés ont poussé un nouveau coup de gueule vendredi et sont descendus dans la rue samedi à Luxembourg.
"Le grand problème", celui qui est à l'origine du malaise profond dont souffre aujourd'hui les 2.900 entreprises affiliées à la fédération "est que nous ne pouvons rien planifier à long terme. Tous les quatorze jours on nous dit ça va encore durer quatorze jours. Comment peut-on relever son entreprise si où ne sait pas vers où on navigue ?", interroge Alain Rix.
Il comprend bien que les questions de santé priment mais "le gouvernement doit savoir où il va" et il pose en filigrane la question de la souveraineté décisionnelle du Luxembourg: "Devons nous garder nos restaurants et cafés fermés, et il faut le lire entre les lignes, quand nos voisins disent, entre guillemets, si vous ouvrez, nous fermons les frontières. Ça ne se peut pas! Quand nos voisins allemands avaient leurs restaurants ouverts nous n'avons pas râlé. Il ne se peut pas qu'un pays dise à un autre ce qu'il a à faire. Est-ce que c'est ça l'Europe ? Non, ça je ne comprends pas".
Alain Rix pense que le Luxembourg tient trop compte de ce qui se passe au-delà de ses frontières et estime que "notre pays doit voir comment il doit s'en sortir" d'autant que "nous en sommes à un point où nous [entendez: les restaurants et cafés] pourrions ouvrir", "quitte à le faire avec des restrictions" car "les chiffres sont relativement bons", estime-t-il.

Au total, restaurants et cafés ont été contraints de fermer durant 146 jours depuis mars dernier, soit "bientôt depuis six mois" -une fois au printemps et depuis le 26 décembre- "mais quelle entreprise peut s'en sortir dans ces conditions ?" Le gouvernement doit "avoir un cap, on ne peut pas continuer comme ça les quatre ans qui viennent", martèle le président de l'Horesca. D'autant que la campagne de vaccination lancée il y a tout juste un mois "ne règlera pas le problème cette année. Que ferons-nous alors ? Un gouvernement a une responsabilité et doit fixer un cap et dire nous prenons cette direction".
La relation entre l'Horesca et Lex Delles, ministre des Classes moyennes, est "très bonne", mais "il ne peut rien faire tout seul" car c'est "Gramegna (le ministre des Finances) qui tient les cordons de la bourse". Son appel: "il faut aider d'urgence" cafetiers et restaurateurs car "ils sont au bout du rouleau", a-t-il glissé par trois fois lors de l'interview.
Le président de l'Horesca l'assure les "caisses sont vides" car les réserves sont épuisées. Evidemment que les aides représentent un vrai coup de pouce mais "elles n'aident, de loin, pas suffisamment. Nous avons maintenant les coûts non couverts, une très bonne aide mais les gens n'ont plus rien dans la caisse".
Sur le nombre d'entreprises qui ont déjà dû fermer en raison de la pandémie, le président de l'Horesca reste flou. Certaines ont annoncé leur faillite mais "le grand numéro" dans le secteur arrivera aussitôt que la pandémie sera à peu près maîtrisée et que les créanciers viendront réclamer leur dû.
L'Horesca réclame les coûts non couverts à 100% pour tous les jours fermés et rétroactivement e "c'est largement faisable mais c'est une question de volonté politique", glisse Alain Rix. Quant à la loi des aides aux indépendants, elle se fait attendre : "Il a été dit il y a 14 jours que la loi serait votée mais ce n'est toujours pas le cas, pourquoi ? Il faut que ça aille plus vite!"