
Selon la députée, "le directeur du Filmfong fait ce qu'il veut et le conseil d'administration le laisse faire". Dans une interview accordée à RTL, elle revient sur toute une série de dysfonctionnements relevés par la Cour des comptes.
"Les finances de l'établissement public sont gérées en fonction de l'humeur de certaines personnes, comme pour financer des repas professionnels, et pour stocker l'argent sur des comptes en banque", a expliqué Diane Adehm. Selon nos informations, 73 millions d'euros, alors que dans son bilan annuel, le Filmfong ne déclare aucun capital propre. "Il y a tellement d'irrégularités qu'elles n'ont pas toutes été déclarées", soupire la députée qui poursuit en racontant qu'un consultant externe a été engagé afin de s'occuper de la promotion des films luxembourgeois à l'étranger. Ce poste n'a cependant jamais fait l'objet d'un appel à candidatures: "ce consultant s'en met plein les poches, 615.000 euros entre 2015 et 2018, sans même avoir signé de contrat avec l'État".

Guy Daleiden, directeur du Filmfong, a réagi après lu le rapport en disant que "la Cour des comptes n'avait relevé aucune erreur mais qu'elle exprimait des observations". Ce à quoi la députée tient à répondre que "cet organe travaille en toute objectivité et rappelle que des règlements et des instructions existent au sein de l'État, notamment en matière de frais de restaurant ainsi que leur fréquence. Le directeur Guy Daleiden ne les respecte pas, tout simplement" s'est exclamée Diane Adehm: "il va manger là où il veut, aussi souvent qu'il le souhaite, et c'est le Filmfong qui règle la note".
De nombreuses critiques ont également visé le ministre des Communications et des Médias, suite à la publication de ces problèmes lors d'un audit réalisé il y a trois ans déjà: "Xavier Bettel avait alors promis beaucoup de choses, mais il n'a rien fait depuis", déplore la députée.
La présidente du conseil d'administration Michèle Bram ainsi que le directeur du Filmfong Guy Daleiden sont convoqués dans deux semaines à la Commission parlementaire en charge du contrôle budgétaire. Ils devront alors répondre aux questions des députés. "Le ministre des Médias devrait également venir nous voir afin de nous expliquer ses plans pour cet établissement public", propose la présidente de cette Commission parlementaire, "tout ce qui se passe est peut-être légal, mais moralement difficilement défendable".
En outre, la députée est également revenue sur la réforme fiscale qui est dans les cartons du gouvernement depuis plusieurs mois maintenant en demandant à ce que cette dernière soit instaurée sans plus attendre: "les citoyens paient les frais de la politique des cadeaux du gouvernement avec leurs impôts sur le revenu. Ce dernier est en croissance permanente, en 2022 l'État recevra 900 millions d'impôts sur le revenu en plus qu'en 2021. Il y a donc assez d'argent pour en rendre une partie aux citoyens, si les recettes jaillissent comme ça dans le budget. Il faut également aider les personnes aux revenus modestes et instaurer un impôt sur les gros revenus de 45%", a conclu Diane Adehm.