Luxembourg-villeLe déploiement d'agents de sécurité privée provoque un tollé

RTL Infos
L'intervention d'une société de sécurité privée dans certains quartiers de Luxembourg-ville provoque l'indignation des autres partis, de la FGFC et du ministre Henri Kox.
© Police (Archives)

Des agents d'une société de sécurité privée seront déployés durant les mois de décembre et janvier à travers différents quartiers de la capitale, notamment celui de la gare ainsi qu'en Ville-Haute, afin de "lutter contre le sentiment d’insécurité urbaine".

Une nouvelle, confirmée par la bourgmestre de Luxembourg-Ville Lydie Polfer (DP) à RTL, que le ministre de la Sécurité intérieure Henri Kox n'apprécie guère. "Ce n'est pas légal", selon le ministre qui explique que cette décision a été prise sans concertation au préalable avec son ministère ou avec la direction générale de la police. "Cette présence relève des compétences de la police qui fait preuve d'une immense responsabilité à travers un code de déontologie très détaillé et dont les missions ont encore été précisées par la loi en 2018. Une société privée de sécurité ne peut pas assurer ce genre d'exercice et une privatisation de ce domaine est tout à fait inacceptable."

DÉCOURAGER LES DÉLINQUANTS, RASSURER LES CITOYENS

Selon la bourgmestre Lydie Polfer, la sécurité se serait dégradée ces derniers mois dans les quartiers concernés alors qu'une trentaine d'agents supplémentaires est venue renforcer les équipes déjà présentes sur place: "Nous ne sommes pas au dessus de la police, nous essayons de collaborer du mieux que possible et je ne peux que les féliciter pour leur travail. Mais eux aussi ont des limites, et ils n'ont pas assez de personnel afin d'assurer une présence dans tous les quartiers, c'est pour cette raison que nous avons choisi d'ajouter cette présence préventive afin de mieux gérer la situation".

Selon la Ville, les effectifs de la société de gardiennage (deux personnes et un chien par équipe) seront déployées afin d'assurer une "présence préventive" et travailleront "de concert avec la police, sans pour autant empiéter" sur son champ de compétences et son action. Les agents de sécurité ne remplaceront pas la police mais seront présents afin de dissuader les délinquants et de rassurer les citoyens, rassure Lydie Polfer. Une équipe est prévue dans les quartiers de la vielle ville, deux autour de la gare.

Si le marché de Noël avait eu lieu, ces personnes auraient également été déployées comme chaque année puisque la commune fait également appel à ces sociétés pour sécuriser le parc de la ville notamment. "Ce n'est pas une nouveauté", assure la bourgmestre, qui précise que la sécurité ne s'est pas améliorée dans les deux quartiers ces derniers mois, "bien au contraire".

LES AUTRES PARTIS SONT "CHOQUÉS"

Tous les partis de l'opposition sont d'accord avec le fait qu'un problème lié à la drogue existe dans la capitale. Mais selon eux, le recours à une société privée n'est pas une solution. Les forces de l'ordre ne peuvent pas être privatisées, selon Christa Brömmel (déi Gréng).

C'est également l'avis de Gabriel Boisante (conseiller LSAP) qui exerce également en tant que commerçant dans le quartier de la gare. Les contrats de ces personnes font débat ainsi que leur marge de manœuvre légale. Il préconise une approche différente afin de maîtriser le problème, l'aspect social et urbain de la situation, comme l'installation d'un nouvel éclairage public à certains endroits, pourrait être la solution plutôt que la répression.

Les membres de déi Lénk de la capitale ont également critiqué et condamné la présence d'agents privés dans la capitale. Le conseiller communal Roy Reding (ADR), épaulé par la majorité, considère cette décision comme une déclaration de faillite de la police.

Les Pirates considèrent cette prise de décision comme une "capitulation de l’État devant les défis qui se présentent à eux sur le terrain". Le parti d'opposition déplore le manque d'investissement dans la police depuis de longues années.

Enfin, la FGFC, Fédération Générale de la Fonction Communale, compare cette décision à une déclaration de faillite du système tout en refusant cette solution.

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