
Anaïs et Sébastien sont jeunes, engagés et mettent leurs compétences au service du grand public. Ils font partie de la cinquantaine d'infirmières et d'infirmiers qui testent les résidents luxembourgeois au Covid-19 du matin au soir, pratiquement chaque jour, dans le cadre du dépistage à grande échelle. Jusqu'à 53.000 tests peuvent être réalisés chaque semaine.
Vendredi dernier vers 13h00: c'est le changement de pause à Schieren. Nous sommes dans un des huit centres de dépistage. Depuis quelques mois, cette tente blanche est le nouveau lieu de travail d'Anaïs Ventura. La jeune infirmière de 29 ans vient de Bordeaux en France. Elle a commencé à travailler pour le LST, le Large Scale Testing, à la mi-juin. Elle avait été contactée par une agence à Paris, qui lui avait proposé ce poste au Luxembourg. Auparavant, Anaïs avait notamment travaillé en réanimation à Bordeaux.
"Ça permet de voir un peu de différentes choses, différents endroits – je ne connaissais pas le Luxembourg non plus. Du coup c’était l’occasion de venir" nous explique Anaïs Ventura.
Cette fois, ce sont près de 500 personnes qui vont subir un prélèvement dans la gorge de la part d'Anaïs et de ses collègues. Ils disposent de moins d'une minute par personne. Le déroulement est toujours identique. "C’est sûr que c’est très redondant mais c’est notre métier aussi. On a choisi d’être là, de venir travailler ici. Donc on sait à quoi on s’engage quand on signe le contrat.”
Les parents d'Anaïs l'ont totalement soutenue dans sa décision de venir au Luxembourg, de tester la population et de s'exposer ainsi à un certain risque. Ils sont fiers de leur fille et ils savent qu'elle sera prudente. En plus, à cause de sa profession, Anaïs a déjà été exposée pendant la première vague, explique la jeune infirmière.
Dans ce contexte mondial particulier, c'est une chance d'avoir les compétences pour aider les gens, selon Anaïs. "Je trouve ça important de mettre nos compétences à profit dans ce genre de situation. C’est ça qui est motivant au final tous les jours à venir dans le froid."
Le contrat d'Anaïs s'achèvera à la mi-décembre. Ce qu'il adviendra ensuite, dépendra de l'évolution de la situation. Mais Anaïs ne souhaite pas s'installer définitivement au Luxembourg.
“J’ai découvert le pays dans un contexte très particulier, en vivant à l’hôtel. Donc je n’ai pas une vision réelle de la vie ici. Après j’aime bien aussi ma région, j’ai ma famille, mes parents qui sont là-bas. Là c’était vraiment l’occasion de voyager en travaillant, de découvrir un nouveau pays. Pour l’instant ce n’est pas dans mes projets de rester ici définitivement.”
À côté d'Anaïs, quelques 250 autres personnes travaillent dans les centres de dépistage. L'un d'eux est Sébastien Carrera. Il est employé comme infirmier au centre du Bouillon. A la différence d'Anaïs, Sébastien sort tout juste de l'école d'infirmiers. Il a obtenu son diplôme en juillet et s'est mis à la recherche d'un emploi. Vu qu'il voulait de toute façon venir travailler au Luxembourg, il a répondu à l'annonce.
Sébastien décrit son travail au centre de tests comme intensif. Un très grand nombre de gens viennent se faire dépister au Bouillon et il y en a de plus en plus. Quand des personnes viennent se faire tester pour la première fois, il est important de prendre du temps pour leur parler.
"C’est important de les rassurer, d’expliquer ce qu’on va faire, le but du test", détaille Sébastien Carrera. "Après c’est vrai qu’on a des personnes qui sont habituées, qui sont déjà venues plusieurs fois, donc elles, elles connaissent le déroulement. On arrive facilement à rigoler un petit peu avec elles, à détendre l’atmosphère.”
Même si la motivation principale de Sébastien est de faire ses premiers pas sur le marché du travail luxembourgeois, il fait aussi ce travail par solidarité. “Moi je le vois comme un service rendu à la population. C’est avec plaisir que je le fais. À leur place j’aimerais bien que quelqu’un vienne me tester aussi pour voir si je suis positif.”
En décembre, le contrat de Sébastien arrivera à son terme. Il ignore ce qui se passera ensuite. Après le projet de dépistage à grande échelle, il espère décrocher un emploi fixe au Grand-Duché.
Le reportage en langue luxembourgeoise avec de nombreuses interventions en français: